Publié le
15 janv. 2026 à 19h16
Décontraction et virtuosité, élégance et nonchalance, mélodies affûtées et arrangements ciselées : on adore Thomas Dutronc et son dernier album, « Il n’est jamais trop tard », qui s’éloigne un peu du registre « jazz manouche/jeux de mots » pour aborder une pop sensible et émouvante qui lui va comme un gant. Le garçon, d’une humilité et d’une gentillesse sans pareilles, sera samedi 17 et dimanche 18 janvier 2026 à la Halle aux grains : immanquable. Rencontre.
« Un lieu incontournable »
Actu : Vous revenez à la Halle aux Grains – et pour deux soirs !
Thomas Dutronc : On était venu il y a quatre ans, pour la tournée » Frenchy « . C’est un lieu incontournable à Toulouse et on est donc très heureux d’y revenir. On jouera cette fois avec un système de » ears « , de retours dans les oreilles, car l’endroit peut être difficile à bien sonoriser en raison de sa structure. Mais oui, ça fait bien plaisir d’y revenir !
A quoi peut-on s’attendre ?
T.D. : C’est un spectacle en plusieurs parties. On jouera évidemment les titres du dernier album, » Il n’est jamais trop tard « , il y aura une partie » guinguette manouche » durant laquelle on ouvre une bouteille de vin, on fait participer le public… Il y a un passage guitare-voix assez intimiste. Il y a une belle ambiance, notamment grâce à notre super chef d’orchestre Eric Legnini, et Aurore Violqué, notre violoniste, qui met une ambiance terrible ! Il y a de la déconnade mais aussi une grande rigueur musicale, de jolies chansons et de jolis accords…
« J’ai pu au début me cacher derrière les jeux de mots, la déconnade »
La dynamique de groupe est importante à vos yeux, n’est-ce pas ? Ce n’est pas » Thomas Dutronc et ses musiciens « …
T.D. : Exactement ! J’ai commencé comme musicien donc je connais bien ce côté-là du métier et je sais très bien ce qu’apportent mes amis Rocky le guitariste et Éric Legnini au piano, Aurore, David Chiron à la contrebasse, Jérôme Ciosi à la guitare, Maxime Zampieri à la batterie et Julien Herné à la basse.
Une définition possible de la pop serait d’aborder des thèmes graves, profonds, mais de façon légère et mélodique : on entend beaucoup cela dans votre dernier album, » Il n’est jamais trop tard « …
T.D. : Merci – c’est ce que je recherchais ! J’ai pu, au début, me » cacher » derrière les jeux de mots, la déconnade. Là, j’avais envie de prendre du plaisir. Je me suis demandé, après la tournée précédente, ce qui manquait à nos spectacles et j’ai composé ces chansons qui sont, en effet, plus proches de la pop que ce que j’ai pu faire précédemment, qui était un peu plus variété.
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« Je prends de plus en plus de plaisir à chanter »
C’est un disque très chaleureux – dans quel état d’esprit en avez-vous composé les chansons ?
T.D. : Il y a eu le Covid, bien sûr, mais aussi cette longue tournée. Quand je suis rentré, j’ai juste pris quinze jours de vacances – David Chiron, lui, avait déjà commencé à composer des morceaux. On s’est mis dessus. Le Covid a fait que l’on se rendait compte des petits bonheurs qui nous étaient enlevés : l’idée de départ était celle-là, ce qui donne peut-être sa couleur au disque…
Dans le clip de » Larguer les amours « , on vous voit chanter, sans jouer de guitare – vous sentez-vous de plus en plus à l’aise comme chanteur, vous que l’on a découvert surtout pour vos talents de guitariste virtuose ?
T.D. : » Virtuose « , je sais pas, mais oui, c’est vrai que je prends de plus en plus de plaisir à chanter. Je suis devenu chanteur un peu par accident – mon premier boulot, c’est guitariste. Quand les Enfoirés m’ont invité, ils m’ont demandé de chanter des trucs et ça m’a beaucoup plu. Adamo m’a dit un jour que je devrais chanter davantage… Tout cela a fait que je m’y suis mis et j’ai aimé ça.
« On a un peu perdu la musique en route »
Votre style vocal, votre humour, votre décontraction évoquent souvent votre célèbre papa. Vous arrive-t-il de vous brider, de modifier une intonation parce que » ça fait trop Dutronc » ?
T.D. : Ah non, au contraire ! J’en joue beaucoup ! Ça me fait marrer, en vérité !
Dans quelques jours débute à Toulouse le festival Détours de chant, qui célèbre la richesse de la chanson française débute : comment ne pas vous demander, à vous, ce que représente pour vous la chanson française ?
T.D. : J’ai grandi dedans, bien sûr. J’ai aussi remonté le temps et j’adore des artistes comme Trenet ou Mireille. Je pense qu’on a eu un âge d’or de la chanson française dans les années 60-70, avec Brel, Brassens, Véronique Sanson, Gainsbourg, mes parents… et on a un peu perdu la musique en route. Le texte est important – on le voit dans le rap – mais il est important de revenir à la musique.
Vous évoquez vos parents : les concerts de samedi et dimanche seront l’occasion de leur rendre hommage…
T.D. : Je chanterai un titre de ma maman, Les ronds dans l’eau – on a mis du temps à trouver le bon arrangement et je pense que ce sera très beau. Et puis un des seuls tubes de mon père dont il n’a pas écrit la musique, » Gentleman Cambrioleur « . Le public aime cette chanson, et moi aussi, alors…
Propos recueillis par Yves GABAY
Thomas Dutronc en concert samedi 17 et dimanche 18 janvier à 20h30 à la Halle aux Grains (1, place Dupuy). Tarifs de 33 à 51€. Information et réservation : www.odyssud.com
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