Au CES 2026, la start-up indienne Matter
dévoile un moteur électrique à flux variable sans terres rares,
monté sur sa moto Aera. Entre couple, autonomie et coût, cette
innovation entend rebattre les cartes des deux-roues
électriques.

Les motos électriques manquent de peps et
d’autonomie sur voie rapide, tout en restant chères à produire à
cause des terres rares ? C’est exactement ce cocktail que vise une
jeune marque indienne avec un nouveau bloc très particulier,
compact, léger, et surtout… à flux variable. Sur
le papier, ce moteur électrique à flux variable
promet plus d’efficacité et une production moins dépendante de
matériaux critiques.

Dévoilé au CES de Las Vegas début 2026, ce
moteur baptisé Matter Drive est monté sur la moto
Matter Aera, une compacte indienne qui sert de
vitrine technologique. Matter, qui se décrit comme « les meilleures
motos électriques d »Inde », rapporte Moto.it, affiche clairement ses
ambitions. Mais derrière ce slogan et ce terme un peu mystérieux de
flux variable, il y a une idée très concrète qui pourrait bien
bousculer les habitudes des motos à watts.

Un moteur électrique à flux variable sans terres rares, le pari
de Matter

Le Matter Drive est le fruit d’une
collaboration avec Niron Magnetics et se distingue
d’abord par un choix fort : supprimer totalement les
matériaux critiques utilisés dans les aimants
haute performance, comme le néodyme et autres terres
rares
. À la place, les deux partenaires misent sur des
aimants au nitrure de fer, fabriqués à partir de
matériaux beaucoup plus abondants et moins coûteux. L’idée est
double : limiter la dépendance à des composants stratégiques et
faire baisser la facture, tout en gardant un haut niveau de
performances.

Et là, intervient la fameuse technologie de flux
variable
. Le principe, tel que présenté, est d’adapter en
permanence le comportement magnétique du moteur en fonction de la
situation. En ville, le système chercherait à offrir une
coppia élevée à basse vitesse, avec une réponse
plus directe et plus contrôlable à chaque rotation de la poignée.
Sur route et sur autoroute, le moteur fonctionnerait dans une
configuration plus efficace, pour préserver
l’autonomie à haute vitesse. Le tout en évitant
l’un des problèmes classiques des moteurs électriques, qui peinent
à concilier gros couple au démarrage et rendement correct quand on
roule vite.

Sur la Matter Aera, un labo roulant pour ce moteur à flux
variable

Pour démontrer son concept, la marque a choisi sa Matter
Aera
, une moto compacte au style assez classique, mais au
contenu technique inhabituel. Le Matter Drive y
développe 30 kW, soit environ 40 ch, pour
seulement 7 kg. Il est associé à une batterie de
5 kWh et, détail rare sur une électrique, à une
boîte spécifique à 4 rapports. Un choix qui parle
aux motards attachés au levier au pied, même si l’intérêt purement
technique d’une boîte sur un moteur électrique reste débattu.
Moteur et batterie sont en plus refroidis à
liquide
, ce qui reste peu courant sur une moto de ce
gabarit.

Côté usage, Matter annonce une autonomie
« certifiée » de 172 km, et une autonomie « réelle »
de 125 km, pour une vitesse de pointe de
105 km/h. Pour une batterie de 5 kWh, ce n’est pas
ridicule. La Aera propose aussi une recharge rapide de type
2
en environ une heure et demie grâce à un chargeur
embarqué de 3 kW, ainsi que plusieurs modes de
conduite et une fonction « park assist » avec marche arrière. Reste
une inconnue de taille : ce moteur électrique à flux
variable
, pensé pour mieux gérer le couple, l’efficacité à
haute vitesse et la gestion thermique, devra
encore prouver sur route qu’il tient ses promesses et qu’il peut
réellement changer la donne des motos électriques
actuelles.