Publié le
15 janv. 2026 à 19h24
La vie politique est décidément très animée à Cugnaux (Haute-Garonne), 4e commune de l’agglomération de Toulouse, qui sera l’une des villes avec le plus de listes sur la ligne de départ pour ces Municipales 2026… Comme en 2020, le suspense promet d’être au rendez-vous, d’autant qu’une figure de la Métropole et des Républicains, se lance à son tour dans la bataille : l’ancien maire Michel Aujoulat.
Au moins quatre listes de gauche et deux de droite
Ça se bouscule au portillon, pour décrocher les clés de l’Hôtel de Ville de Cugnaux. À gauche, le camp de la majorité élue en 2020 sera divisé entre trois listes : celle du maire (divers gauche) Albert Sanchez, celle de ses anciens alliés écologistes et insoumis emmenée par l’ex-adjoint à l’urbanisme Frédéric Goudal, ainsi que celle du socialiste Fabrice Granville. À cela s’ajoute une quatrième liste, à l’extrême gauche : celle de Lutte ouvrière qui sera emmenée par Claude Cauchois.
Sur le papier, la droite aurait un coup à jouer pour récupérer les rênes de la mairie… sauf qu’elle partira elle aussi au front divisée. Après la candidature d’Aurélien Andreu-Seigné, membre d’Horizons, c’est donc l’ancien maire Michel Aujoulat qui se jette dans la bataille.
« J’ai proposé une union, qui m’a été refusée »
« Nous ne sommes pas arrivés à nous entendre » avec Aurélien Andreu-Seigné, regrette Michel Aujoulat, interrogé par Actu Toulouse. « J’ai proposé une union, qui m’a été refusée… Chacun va donc présenter son programme au premier tour, en espérant que la sagesse reviendra pour le second ».
37 ans de vie municipale à Cugnaux
À 67 ans, Michel Aujoulat revient donc sur le devant de la scène. Maire (RPR, aujourd’hui LR) de Cugnaux durant deux mandats, entre 1989 et 2001, il avait ensuite essuyé les bancs de l’opposition avant se représenter en 2014. Cette année-là, malgré la présence de deux listes de droite, il était arrivé en tête au premier tour (26,82 %), mais avait scellé un accord avec Alain Chaléon : ce dernier avait été élu maire, et lui désigné pour l’intercommunalité. Premier adjoint, Michel Aujoulat était devenu premier vice-président de la Métropole entre 2014 et 2020.
J’ai déjà su à l’époque me retirer au profit d’Alain Chaléon alors que j’étais arrivé largement devant lui, alors moi, je sais ce que j’aurai à faire au second tour.
Michel Aujoulat
Ancien maire de Cugnaux, candidat aux Municipales 2026
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Depuis 2020, conseiller municipal de l’opposition.
Comme il l’avait fait en 2014, Michel Aujoulat veut proposer aux électeurs un partage des tâches et même « une tête liste tricéphale » dans sa ville : « Je me présente entouré de deux colistiers qui incarneront l’avenir de Cugnaux » : Christine Lugardon (ex-élue), Frédéric Bar (élu et ex-adjoint) « auront des postes d’adjoints importants et seront surtout nos représentants à la Métropole », où la ville aura trois élus (dont deux de la majorité).
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Une liste sans étiquette, mais « largement soutenue »
Si Michel Aujoulat est membre des Républicains, il a constitué « une liste de large union ». Car « bien que tous les partis de droite et du centre (LR, mais aussi Horizons, Renaissance, MoDem…) me soutiennent, mon équipe sera très ouverte, car c’est la meilleure chose à faire pour gérer une commune : j’ai même un communiste sur la liste ! »
« Cela fait six mois qu’on est en panne sur tout »
« Face à un maire affaibli, face aux candidatures dissidentes et aux aventures personnelles qui se multiplient, notre projet est clair : redonner à Cugnaux une dynamique positive », avance-t-il. Dans son viseur ? Albert Sanchez, « élu grâce à une alliance de façade », qui s’est montré « incapable de maintenir l’unité au sein de sa majorité et, pire encore, qui n’a pas concrétisé le projet qu’il avait présenté aux Cugnalais en 2020 ».
Cela fait six mois qu’on est en panne sur tout à Cugnaux. Sur 33 conseiller municipaux, il n’en reste que 13 favorables au maire ! On est mi-janvier, il n’a toujours pas fait voter le budget 2026 et ne le fera pas avant les Municipales, car il est dans l’incapacité de le faire.
Michel Aujoulat
Une ville « envahie de points deal »
Ce que propose le candidat Aujoulat, version 2026 ? « Protéger ce qui fait l’identité de Cugnaux », mais aussi « développer ce qui lui manque ». Dans une ville où la courbe des actes de délinquance a suivi celle de l’explosion démographique, et qui est « envahie de points de deal », il l’assume : « Je vais axer ma campagne sur la sécurité ». Un domaine sur lequel « tout a été stoppé après l’élection de 2020 : nous avions installé une quarantaine de caméras, cela n’a pas bougé en six ans. Je proposerai de reprendre le déploiement, mais aussi de doubler le nombre de policiers municipaux : il en faut une douzaine à Cugnaux ».
« 80 % des Cugnalais partent travailler à l’extérieur »
Autre dossier qu’il veut prioriser, et non des moindres : « Faire en sorte que l’on puisse davantage travailler à Cugnaux ». Car d’après Michel Aujoulat, aujourd’hui, « 80 % des Cugnalais partent à l’extérieur pour travailler, ça donne une idée de l’engorgement des routes… ».
Nous avons un atout énorme sur notre commune, qui est le développement de la base de Francazal, et où Toulouse Métropole porte un projet de technocentre. On peut y faire venir 2 500 emplois et je veux que cela profite aux Cugnalais.
Michel Aujoulat
« Un schéma pour désenclaver » Cugnaux
Michel Aujoulat va également présenter un « schéma pour désenclaver la ville ». Pour désengorger cette commune où la population a flambé, et où les embouteillages s’enlisent, il prévoit un « travail sur les voiries » et veut œuvrer avec Tisséo à une meilleure desserte en transports en commun. Si « Linéo est arrivé à Cugnaux grâce à l’équipe Chaléon de l’époque », Michel Aujoulat veut désormais « relier la ville » d’un côté « à la gare de Portet, et de l’autre « à Colomiers, dont le terminus du métro sera plus facile d’accès pour nous que celui de Basso-Cambo ». Il veut également « se battre pour le BUCSM (le fameux « Boulevard urbain du canal de Saint-Martory, NDLR), un projet qui divise encore la classe politique locale, mais « qui permettra de désenclaver notre commune ».
De même, il entend appuyer « le prolongement de Téléo de l’Oncopole à Francazal, en direction Basso-Cambo, ou de Blagnac », et proposer de « rejoindre le réseau VélôToulouse, auquel le maire sortant n’a pas souhaité adhérer et c’est regrettable ».
« S’impliquer davantage dans la recherche de médecins »
Pour « mieux vivre » à Cugnaux, Michel Aujoulat compte prendre à bras-le-corps le dossier de la santé et promet de « s’impliquer davantage dans la recherche de médecins ». Le tout nouveau centre de santé, porté par la Région Occitanie et qui a ouvert au cœur de la ville en avril ? « Il a démarré son activité, mais ils ont du mal à trouver des médecins… Et malgré cette implantation, 1 200 habitants sont encore sans médecin traitant à Cugnaux, où nous souffrons aussi d’un gros manque de spécialistes ».
« On ne peut plus être un village gaulois »
Conscient que « le maire actuel n’a pas fait que des mauvaises choses », Michel Aujoulat s’engage à ne pas faire table rase du passé, et assume : « Ce qu’il a fait de bon sera continué ». Il estime enfin que Cugnaux – qui n’a plus de vice-présidence de l’intercommunalité – doit retrouver toute sa place : « On ne peut plus être un village gaulois, on fait partie de la Métropole et c’est au sein de celle-ci qu’il faut progresser », argue Michel Aujoulat. « Et pour peser dans la Métropole, il faut avoir du poids et de l’expérience. Je voudrais l’offrir aux Cugnalais… ».
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