Le Mercedes Classe G n’a jamais fait dans la discrétion. Mais ce que Brabus en tire avec la Rocket Edition tient du délire technique. À l’heure où l’industrie tente de faire rentrer le SUV dans des cases éthiques, écologiques et raisonnables, Brabus prend le contrepied total. Il gonfle, muscle, exagère tout ce qui peut l’être — et c’est précisément ce qui fait le charme brutal de cette création hors-norme.
Sous le capot, le V8 bi-turbo affiche désormais 900 ch et un couple stratosphérique de 1 250 Nm, propulsant ce cube militaire à 100 km/h en 3,7 secondes. Autant dire qu’on ne parle plus ici d’un 4×4, mais d’une supercar surélevée de plus de 2,7 tonnes, aussi rapide qu’un coupé AMG GT. Et pour encaisser cette violence mécanique, tout a été renforcé, repensé, redessiné : moteur, boîte, châssis, aérodynamique, et jusqu’à la sonorité, retravaillée pour hurler comme un missile.
Mais plus qu’un exercice de style ou de performance, la Brabus 900 Rocket Edition est un objet de collection. Produite à seulement 25 exemplaires, affichée à plus de 570 000 €, elle ne s’adresse ni aux amateurs de demi-mesure, ni aux timides. C’est une déclaration d’intention sur quatre roues, un manifeste à contre-courant du politiquement correct. Et c’est bien pour cela qu’on en parle.

Brabus 900 Rocket Edition : quand un G63 devient un engin d’attaque
Le G63 AMG n’est déjà pas un SUV comme les autres. Avec son V8 bi-turbo, sa transmission intégrale et son look de baroudeur de luxe, il combine exubérance et efficacité. Mais pour Brabus, ce n’est qu’un point de départ. La Rocket Edition pousse chaque curseur au maximum. Le moteur est intégralement repensé, les voies sont élargies, la carrosserie modifiée avec des éléments en carbone, et le châssis reçoit un traitement spécifique pour encaisser la nouvelle cavalerie.
Brabus ne se contente pas de surmotoriser. Il reconstruit. Le capot adopte un Powerdome surdimensionné, les ailes gagnent en volume, les boucliers sont sculptés comme ceux d’une supercar. Le nom « Rocket » n’est pas un effet de style : c’est la signature d’un véhicule pensé pour provoquer autant qu’impressionner. On est loin du SUV familial. On est dans l’univers des machines de guerre pour routes ouvertes.
Le résultat est un objet mécanique de plus de 2,7 tonnes, capable de performances comparables à certaines Porsche Turbo, avec une prestance de mastodonte et une finition de haute couture. Une aberration ? Oui. Mais une aberration parfaitement assumée.

Une fiche technique à faire rougir bien des supercars
Le cœur du monstre, c’est un V8 4,5 litres biturbo préparé maison. Il délivre 900 chevaux et un couple de 1 250 Nm, électroniquement limité à 1 050 Nm pour ne pas détruire la boîte automatique 9 rapports. L’exercice du 0 à 100 km/h est expédié en 3,7 secondes, malgré le gabarit. Un temps digne d’une Audi R8 ou d’une Mercedes AMG GT R.
La vitesse maximale est quant à elle limitée à 240 km/h, non pas par manque de puissance, mais pour préserver la stabilité et les pneumatiques. Et pour cause : les jantes de 24 pouces, chaussées de pneus ultra-performants, doivent encaisser le poids et les contraintes d’un tel véhicule. Le système de freinage a été surdimensionné, tout comme la suspension à contrôle électronique.
C’est un paradoxe roulant : un véhicule né pour le franchissement transformé en bolide de drag race. Une machine aussi peu rationnelle que fascinante, où la performance mécanique devient un art en soi.

Extérieur, intérieur : le luxe musclé à la sauce Brabus
Le style extérieur ne laisse aucune place au doute. Le Rocket 900 adopte un kit carrosserie complet : calandre spécifique, boucliers redessinés, capot ventilé, diffuseur arrière, jupes latérales… le tout en fibre de carbone, visible ou vernie. L’éclairage LED est retravaillé, les logos Brabus rétroéclairés, et chaque détail respire la puissance brute.
Les jantes Monoblock Z de 24 pouces sont taillées sur mesure pour le modèle, et montées sur des pneus à très haut indice de performance. Même le système d’échappement a été retravaillé avec une double sortie latérale active, capable de moduler la sonorité entre discrétion et rugissement absolu.
À l’intérieur, le luxe est tout aussi démonstratif. Sellerie en cuir matelassé, surpiqûres personnalisées, inserts en carbone ou aluminium, palettes de commandes spécifiques, badges numérotés… Le cockpit devient un salon surpuissant, à la finition irréprochable. Chaque exemplaire peut être configuré sur-mesure, du coloris des sièges au choix des matériaux.

Plus de 570 000 €, 25 exemplaires : le prix de la démesure
La Brabus 900 Rocket Edition ne vise pas les marchés classiques. Proposée à partir de 571 000 € hors options, elle peut aisément dépasser les 800 000 € selon les finitions, les configurations intérieures, les teintes ou les équipements sur mesure. Des tarifs comparables à ceux d’une Lamborghini Revuelto ou d’une Ferrari Purosangue.
Mais là où ces dernières jouent la carte de l’agilité et du prestige italien, le Rocket joue celle de la brutalité contrôlée et de la surenchère assumée. La clientèle ? Des passionnés, des collectionneurs, des clients du Moyen-Orient, de l’Amérique du Nord ou de l’Asie du Sud-Est. Un public pour qui l’exception est un critère d’achat en soi.
En France, la Brabus 900 Rocket Edition restera un mirage réservé à quelques très rares garages privés. Mais son existence seule en dit long sur l’état d’esprit d’une frange du marché automobile ultra-luxe, encore totalement imperméable aux logiques de transition énergétique ou de rationalité.