La mobilisation des agriculteurs continue en Isère. Cette fois, c’est la Confédération paysanne qui fait parler d’elle. En réaction à la mise en garde à vue, dans la nuit du 14 au 15 janvier, à Paris, de 52 paysans membres du syndicat dont quatre Isérois, la section départementale a appelé au rassemblement, ce jeudi 15 janvier. Devant la préfecture de l’Isère, à Grenoble, vers 19 heures, ils étaient une bonne vingtaine d’agriculteurs à avoir répondu présent, sans leurs tracteurs, pour soutenir leurs collègues, libérés dans la journée.

Sophie, paysanne à Saint-Étienne-de-Crossey, a exigé «la fin de la répression du mouvement agricole ». Celle observée à Paris est jugée largement exagérée, alors que les agriculteurs menaient « une action pacifique » dans une annexe du ministère de l’Agriculture. « La réponse des forces de l’ordre a été violente, poursuit cette ancienne représentante à la Chambre d’agriculture de l’Isère. C’est complètement disproportionné. La preuve étant que nos collègues ont été relâchés, sans aucune poursuite. »

La FNSEA « contrôle la politique agricole »

La Confédération paysanne s’offusque d’autant plus de ces mises en garde en vue, qu’à l’inverse, « le tapis rouge était déroulé pour les 400 tracteurs d’Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA ». « C’est constamment deux poids deux mesures avec ce syndicat, qui contrôle la politique agricole », assure Sophie.

Lors de cette mobilisation de dernière minute, rythmée par les tambours d’une batucada, les agriculteurs ont pu compter sur le soutien d’une vingtaine de personnes partageant leur opposition à l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur ou à l’abattage total des bêtes en réponse à la dermatose nodulaire contagieuse.

Outre la présence de Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère (groupe écologiste), il y avait aussi Thomas. Sociétaire de l’Atelier paysan , il a déploré « l’hypocrisie de la lettre ouverte adressée aux agriculteurs par [le Premier ministre] Sébastien Lecornu, le 4 janvier. Il annonçait vouloir mettre fin aux deux poids deux mesures. Mais on voit bien, encore une fois, que ce n’est pas le cas. »