C’est un nouveau camouflet pour l’administration Trump qui cherche à faire barrage à la construction en cours de plusieurs parcs éoliens sur la côte est des États-Unis.

C’était une décision très attendue. Un tribunal fédéral du district de Columbia a accordé, jeudi 15 janvier, une « injonction préliminaire » au groupe norvégien Equinor, une mesure d’urgence l’autorisant à reprendre immédiatement la construction du parc éolien Empire Wind (816 MW), au large de New-York, et qui est déjà achevé à 60%. Cette décision de justice vise à prévenir un dommage grave ou irréparable. Le chantier avait été interrompu pour la deuxième fois par l’administration Trump, le 22 décembre. Sur le fond, l’action en justice d’Equinor contestant l’ordre de suspension du département de l’Intérieur des États-Unis se poursuit, par ailleurs.

L’affaire était examinée par le juge Carl J. Nichols, nommé par le président Donald Trump. Il a pu examiner les arguments relatifs à la sécurité nationale avancés par l’administration Trump. Sans jamais les détailler publiquement, elle avait argué que les éoliennes généraient des interférences radars pouvant masquer des cibles mobiles, bien que l’approbation des parcs ait fait l’objet d’examens approfondis pendant des années. D’après l’agence de presse états-unienne Associated Press, lors de l’audience, le juge Nichols a « vivement critiqué le gouvernement pour ne pas avoir répondu aux points clés soulevés dans les documents déposés par Empire Wind, comme l’accusation selon laquelle l’administration Trump n’aurait pas suivi les procédures appropriées et aurait agi de manière arbitraire ».

Equinor avait fait savoir que s’il ne reprenait pas les travaux dès ce vendredi, il risquait de subir des répercussions en cascade le contraignant à annuler ce projet à plusieurs milliards d’euros. Le navire-grue géant Sleipnir d’Heerema, arrivé à New-York le 12 janvier, depuis Rotterdam, avec une fondation jacket de sous-station, devait l’installer avant le 26 janvier, mais l’opération était compromise par l’ordre de l’administration Trump.

La décision du juge Nichols vient conforter celle prise plus tôt dans la semaine, par une autre cour fédérale. Lundi 12 janvier, un juge de Washington avait également accordé une injonction préliminaire autorisant Ørsted à reprendre la construction du parc Revolution Wind (704 MW), développé avec l’allemand Skyborn Renewables. C’était aussi la deuxième fois que la justice se prononçait en faveur des porteurs du projet, dont toutes les fondations, les câbles d’export et les deux sous-stations sont installées, ainsi que 58 des 65 turbines. En effet, la Cour fédérale du district de Columbia avait déjà autorisé, le 22 septembre, la reprise de la construction du parc en septembre dernier, dans le cadre d’une première « injonction préliminaire », après une interruption d’un mois sur un précédent ordre de l’administration Trump.

Pour rappel, le 22 décembre, le Département de l’Intérieur (DOI) a suspendu immédiatement les permis d’exploitation « de tous les grands projets éoliens offshore en construction aux États-Unis ». Cinq grands parcs ont reçu le même jour une injonction du BOEM (Bureau of Ocean Energy Management, le bureau de gestion de l’énergie océanique sous l’égide du Département de l’Intérieur) d’arrêter les travaux pour une durée de 90 jours. 

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