Le ministre égyptien des Communications et des Technologies de l’information, Amr Talaat, a reçu l’ambassadeur du Royaume-Uni en Égypte, Mark Bryson-Richardson, pour évoquer les moyens de renforcer la coopération bilatérale et d’accroître les investissements britanniques dans le secteur numérique égyptien. Selon le communiqué officiel, les échanges ont porté sur plusieurs axes, notamment l’attraction de nouvelles entreprises britanniques dans l’industrie de l’offshoring, le développement de projets de transformation numérique, ainsi que la coopération en matière de compétences digitales.

Renforcer aussi les partenariats académiques

Les deux parties ont aussi évoqué des pistes de collaboration dans des domaines technologiques en expansion, tels que l’intelligence artificielle, le cloud computing, les centres de données, la cybersécurité, la fintech et les infrastructures numériques. Le potentiel de l’Égypte comme plateforme régionale, à la fois pour le Moyen-Orient et comme point d’accès aux marchés africains, a aussi été abordé. Dans cette perspective, Amr Talaat a souligné l’intérêt de renforcer les partenariats académiques, notamment entre l’Université égyptienne d’informatique et des établissements britanniques, ainsi que la coopération autour des programmes publics de formation dans le numérique.

De son côté, l’ambassadeur britannique a exprimé la volonté de Londres d’approfondir la coopération en matière de transformation digitale et d’encourager davantage d’acteurs technologiques britanniques à explorer des opportunités d’investissement en Égypte. L’organisation d’un événement conjoint réunissant des entreprises du secteur des TIC des deux pays a également été évoquée, sans qu’un calendrier précis ait été communiqué à ce stade.

La stratégie Digital Egypt 2030

Si ces échanges sont encore exploratoires et qu’aucun accord d’investissement ni engagement formel n’a été annoncé à l’issue de la rencontre, ils surviennent toutefois dans un contexte où l’Égypte cherche à accélérer la mise en œuvre de sa stratégie nationale de transformation numérique, connue sous le nom de « Digital Egypt 2030 ».

Cette stratégie vise à faire du digital un levier transversal de modernisation économique et administrative. Elle repose sur plusieurs piliers, parmi lesquels le développement des infrastructures numériques (fibre optique, centres de données, connectivité, etc.), la numérisation des services publics, l’inclusion financière via les paiements électroniques et la fintech, ainsi que le renforcement des compétences et de l’innovation.

Le gouvernement met aussi en avant la montée en puissance du secteur des TIC, qui contribue déjà de manière croissante au produit intérieur brut et aux exportations de services. L’Égypte cherche notamment à capitaliser sur son vivier de talents, sa position géographique et ses coûts compétitifs pour attirer des investissements dans l’externalisation de services numériques et les activités à forte intensité technologique.

Des enjeux au-delà du seul partenariat britannique

Le Royaume-Uni n’est pas le seul partenaire international avec lequel le pays des pharaons explore des pistes de coopération numérique. Ces derniers mois, Le Caire a multiplié les échanges avec des institutions multilatérales comme la Banque mondiale, ainsi qu’avec plusieurs pays et groupes étrangers, autour de la transformation digitale, des compétences technologiques et de l’exportation de services numériques.

Ces démarches traduisent une volonté des autorités de structurer un écosystème digital capable de soutenir la croissance, de créer des emplois qualifiés et de renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux. Elles posent par ailleurs la question des défis à relever, par exemple en matière de cadre réglementaire, de cybersécurité, de formation à grande échelle et de réduction des inégalités d’accès au numérique.