Guillaume Marion, Media365 : publié le jeudi 15 janvier 2026 à 13h35

Dernièrement, interrogé sur l’avenir du cyclisme, Richard Plugge a tiré la sonnette d’alarme car il existe de plus en plus de soucis selon lui, et notamment d’ordre financiers.

« Le cyclisme est dans une spirale descendante. Qu’on le veuille ou non, l’urgence se fait de plus en plus pressante », tel est le terrible constat dressé ces derniers jours par Richard Plugge. Dernièrement, lors du media day des Visma-Lease a bike, qui s’est tenu avant le début de la saison 2026, le patron de la formation néerlandaise a eu des mots très forts concernant la situation que le cyclisme traverse en ce moment. Car, selon lui, la discipline est de moins en moins attractive à divers niveaux, et cela se ressent du coup financièrement au sein des différentes équipes notamment.

« Les équipes, mais aussi les organisateurs, rencontrent des difficultés. Même des équipes relativement importantes sont en difficulté. Il est donc impératif que le cyclisme opère un changement radical », a par la suite expliqué un peu plus en détails le Néerlandais, qui doit gérer l’annonce surprise de Simon Yates de prendre sa retraite, dans des propos repris par Domestique. Rien que cette année, alors qu’Arkéa-BxB Hotels a disparu, Lotto et Intermarché ont dû fusionner pour survivre, preuve que financièrement tout ne vas pas très bien au sein des formations qui évoluent en World Tour, même si de nouveaux acteurs arrivent comme CMA CGM qui s’est associé à Decathlon.

Plugge : « Comment rendre le cyclisme plus attractif ? »

« Il faut absolument que le cyclisme reste parmi les cinq sports les plus populaires au monde. C’est là le problème. Actuellement, on se désintéresse des autres disciplines. On se déchire au sein même du cyclisme, alors qu’on devrait se battre contre le football et d’autres sports. C’est comme ça que je vois les choses », a par la suite continué Plugge, qui était en faveur du projet « One Cycling » et qui espère que le cyclisme va prochainement se renouveler sous peine de fortes désillusions. Sauf que pour le moment, les instances ne semblent pas favorables à de tels changements.

« À mon avis, le problème ne se limite pas aux équipes. Les organisateurs sont également concernés. L’UCI devrait se pencher sur la question… Bien sûr, des solutions concrètes existent. Il appartient à l’UCI de faire évoluer le modèle économique, en s’inspirant peut-être de la Formule 1. Il existe de nombreux exemples bien meilleurs que celui du cyclisme. (…) Comment rendre le cyclisme plus attractif ? La question essentielle est de savoir comment rendre le cyclisme plus attractif pour que les fans soient prêts à payer », s’est également questionné le patron de l’équipe Visma-Lease a bike. En effet, le cyclisme est l’un des rares sports à ne pas pouvoir compter sur des revenus liés à la billetterie.

Vers un marché des transferts plus régulés ?

Par ailleurs, pour survivre certaines équipes n’ont désormais plus le choix et doivent vendre leurs meilleurs éléments. C’est notamment le cas de Picnic PostNL, qui connait des soucis financiers, qui a lâché le très prometteur Oscar Onley à Ineos Grenadiers pour une somme estimée à six millions d’euros selon différentes sources. À ce sujet, l’un des dirigeants de la formation néerlandaise espère la mise en place d’un « système de transferts comme dans le football », et donc plus réglementé.

« Dans le football, vous pouvez changer d’équipe, mais vous devez vous mettre d’accord sur un montant de transfert. Aujourd’hui, il y a trop de manœuvres douteuses dans le cyclisme, en particulier de la part des agents. C’est le chaos. Que cela nous plaise ou non, nous devons mettre en place un système dans lequel, si vous avez un contrat, il y a également un montant convenu », a notamment expliqué Iwan Spekenbrink, dans des propos recueillis par Cyclingnews, après le départ d’Onley vers une équipe bien plus à l’aise financièrement. Autant dire que le chantier s’annonce immense pour que le cyclisme évolue et se mette à jour avec son temps.