Par
Adrien Filoche
Publié le
16 janv. 2026 à 8h02
À première vue, on pourrait croire que la façade des immeubles n’est pas encore totalement finalisée. Et pourtant, c’est bien le rendu final. Au niveau de la nouvelle venelle Leila-Alaoui, le long de l’avenue Jean-Rondeaux à Rouen, deux immeubles d’habitations sont sortis de terre ces dernières années.
Sur cet espace dit « îlot B Rondeaux », ces édifices correspondent, avec l’immeuble Bouygues Bâtiment Grand Ouest Rouen, à l’Éveil de Flaubert, ce programme immobilier qui aménage le long de l’avenue Jean-Rondeaux.
Et si l’aspect visuel ne présage en rien de la qualité de l’édifice, que ce soit en termes de durabilité ou bien de performances énergétiques, on peut tout de même s’étonner de cette esthétique si particulière, d’autant plus pour un des projets phares de Rouen Flaubert, quartier qui se veut être la vitrine de la ville.
« On aurait dû avoir quelque chose de meilleure qualité »
Nous ne sommes pas les seuls à avoir été interloqués par le rendu visuel de ces bâtiments. « Visuellement, je pense que l’on aurait dû avoir quelque chose de meilleure qualité », s’accorde à dire le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol.
Cela ne convient pas. Je souhaite quelque chose de plus beau pour la rive gauche.
Nicolas Mayer-Rossignol
Maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie
L’actuel président de la Métropole Rouen Normandie se montre plus clément concernant le visuel du bâtiment de bureaux Bouygues : « celui-ci a au moins une identité architecturale. Après, on aime ou on n’aime pas ».

Le bâtiment de bureaux le long de l’avenue Jean-Rondeaux. (©AF/76actu)
Interrogé par 76actu, le président de la Métropole souligne que le permis de construire a été accordé lors du précédent mandat : « Ce n’est pas de notre ressort, on a essayé de changer le rendu final mais cela n’a pas été possible ».
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Questionné à son tour, Frédéric Sanchez, alors président de la Métropole de Rouen Normandie entre 2015 et 2019, indique qu’il « partage plutôt » l’avis de Nicolas Mayer-Rossignol sur le rendu visuel des deux immeubles et concède que le projet immobilier Gaia, le long du Canal Camille-Claudel, est davantage réussi (sur l’aspect esthétique).
Il indique par ailleurs que le permis de construire a été signé par le maire de Rouen de l’époque, Yvon Robert. L’ancien président de la Métropole souligne « qu’il y a souvent des décalages entre les images et projections issus d’un concours de maîtrise d’œuvre et le rendu final. Les images de projection sont toujours très enjolivées. Il y a un aspect marketing important ».
« Cela correspond aux visuels »
Pour rappel, la réalisation de Rouen Flaubert a été confiée dans le cadre d’une concession par la métropole de Rouen Normandie à Rouen Normandie Aménagement. Concernant l’Îlot B Rondeau, il a été réalisé par Linkcity – Bouguyes Batiment Grand Ouest avec l’équipe de maîtrise d’œuvre, constituée de TVK et AZ Architecture.

Un visuel du chantier, retrouvé dans un dossier de presse de la Métropole en 2019. (©Métropole de Rouen Normandie)
« On assume ce rendu. Il y en a qui aiment, d’autres qui n’aiment pas. Cela correspond aux visuels », note de son côté Priscilla Gracia, la directrice d’opération chez Linkcity qui a suivi les chantiers. Elle rajoute : « Le bâtiment a été fait en béton teinté dans la masse, comme on nous l’a demandé ».
Confrontée aux critiques émises par le maire de Rouen, elle répond sèchement : « Il n’aime pas l’architecture ».
C’est une architecture signée TVK et nous avons fait ce qui nous a été demandé.
Priscilla Gracia
Directrice d’opération chez Linkcity
Priscilla Gracia souligne par ailleurs que le deuxième bâtiment — celui qui abrite la résidence Neoz — est « mieux réussi que le premier » esthétiquement parlant, en prenant pour exemple le bardage en bois sur les balcons.

La perspective des logements de l’Eveil de Flaubert. (©Image transmise)
Dans ce secteur, où l’architecture a déjà fait couler un peu d’encre, il demeure un espace vierge à aménager, au pied de l’arrêt de Teor. Cette case est destinée à accueillir un immeuble d’activités tertiaires. Sur le futur édifice, « nous allons faire très attention à l’aspect esthétique », promet Nicolas Mayer-Rossignol.
On l’a déjà constaté, et le quartier Flaubert n’y échappe pas, il existe parfois des décalages (plus ou moins importants) entre les visuels promis d’un chantier immobilier et le rendu final. Il arrive même que la totalité du projet se trouve modifiée.
C’est notamment le cas de l’îlot A Rondeaux, récupéré par la société Eiffage. Initialement, nous avions présenté dans nos colonnes en 2019 l’implantation d’une tour en bois de 28 mètres. Mais finalement, le projet a été abandonné et pour l’heure, rien n’a filtré sur le futur aménagement prévu dans ce secteur.
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