« Les périodes de victoires peuvent être dangereuses parce qu’on pourrait avoir envie de se relâcher »

Comment êtes-vous arrivé au hockey sur glace ?

Quand j’ai commencé, je suivais plutôt des mecs individuellement notamment en motocross, un peu en rugby et j’ai eu deux hockeyeurs qui jouaient à l’Hormadi. Ils en avaient parlé à Olivier (Dimet) qui m’a recruté à Anglet et que j’ai suivi ici. Pour valider mon diplôme, j’étais aussi allé voir ce qui se faisait en Finlande et je m’inspire de nouvelles choses qui se font au Canada pour faire évoluer mon approche.

En termes de préparation physique, quelles sont les particularités du hockey ?

C’est déjà atypique par la surface et le fait que patiner est beaucoup moins inné que courir. Avec ce mouvement qu’est le patinage, on fait travailler des muscles que personne ne fait vraiment travailler. Il faut notamment entretenir toute la ceinture pelvienne, adducteurs, psoas… Comme les joueurs prennent des chocs, il faut aussi protéger la colonne vertébrale avec du renforcement, gainage, abdos. L’explosivité sur les trois premiers coups de patin fait également partie des gros axes de performance et enfin le haut du corps doit être solide mais également rester mobile.

Comment s’organise votre travail avec autant de matchs dont parfois trois en sept jours comme c’est le cas cette semaine ?

Pour le cardio, nécessaire à cette discipline où la présence des joueurs sur la glace est courte mais intense et s’apparente à du fractionné, il y a une grosse partie de travail en début de saison puis on essaye de le maintenir avec différents exercices. Il peut aussi y avoir des périodes où on doit remettre un coup de boost, comme on l’a fait après notre début de saison chaotique et comme on le fera une fois qu’on sera sûr d’être en play-offs. Sur des semaines à trois matchs comme pour le reste de la saison, c’est aussi beaucoup de discussions avec les joueurs, sur leurs sensations, leur état de forme, leurs habitudes. Mon job c’est que les mecs se sentent toujours bien sur la glace.

Les Boxers ont des séances d’exercices individualisés en fonction de leur physique, de leurs ressentis et de leurs habitudes de travail.

Les Boxers ont des séances d’exercices individualisés en fonction de leur physique, de leurs ressentis et de leurs habitudes de travail.

J. L’Ho.

Justement, comment avez-vous vécu ce début de saison compliqué et la belle série de victoires qui a suivi ?

Comme tout le monde, j’ai essayé de changer des petites choses. Mais c’était une période où tout le monde a beaucoup travaillé, personne ne rechignait. Et au contraire, les périodes de victoires peuvent être dangereuses parce qu’on est tous grisé et on pourrait avoir envie de se relâcher.

Presque autant que pour les joueurs, la blessure est la hantise des préparateurs physiques. Pour vous aussi ?

Toujours ! Quand il y a un blessé, le soir en rentrant chez moi, je vais ressortir toutes ses séances pour voir en détail si j’ai fait une erreur.

À 13 matchs de la fin de saison régulière, comment sentez-vous le groupe physiquement ?

Il y a plusieurs saisons, on cravachait pour attraper les play-offs et on arrivait cramé en quart de finale. Là, comme ils ont réussi à recoller au bon wagon, nous sommes là où nous voulions être au classement. Ça nous permet de préparer plus sereinement l’approche des play-offs.

Le match