l’essentiel
Un dossier anonyme transmis à la rédaction met en cause Philippe Choteau, photographe basé à Toulouse, accusé d’avoir utilisé et exposé des œuvres attribuées à de grands noms de la photographie internationale. Plusieurs artistes étrangers dénoncent une utilisation non autorisée de leurs clichés, certains primés, présentés lors d’expositions publiques dans le Tarn-et-Garonne et la Haute-Garonne.

Il y a quelques jours, un épais dossier contenant de nombreuses photographies est parvenu à la rédaction. Un informateur anonyme y accuse un photographe professionnel toulousain, Philippe Choteau, de plagiat au détriment de plusieurs figures reconnues de la photographie internationale. Les images incriminées seraient commercialisées sur son site internet et présentées lors d’expositions publiques.

C’est notamment le cas cette semaine à Castelsarrasin, où la municipalité accueille l’exposition « Bijoux d’eau sur ailes et pétales ». En mars et avril, une autre exposition intitulée « Entre fleurs et lumières. Instants suspendus », est également programmée à Castanet-Tolosan. L’affiche promotionnelle de cette dernière met en avant une photographie présentant de fortes similitudes avec une œuvre de la photographe japonaise Miki Asai, spécialisée dans les détails invisibles : gouttes d’eau, fleurs et insectes, et plusieurs fois primée pour son travail.

À lire aussi :
« C’est un véritable pillage industriel » : un artiste toulousain accuse de plagiat une star mondiale de l’art contemporain

Parmi les artistes concernés figure également Alberto Ghizzi Panizza, photographe professionnel italien au palmarès international. Certaines images attribuées à Philippe Choteau reprendraient en effet des clichés primés, dont « Ornées de rosée », représentant une libellule en gros plan couverte de gouttes d’eau, récompensée par un premier prix de l’International Garden Photographer of the Year.

Cette photo a été récompensée d’un premier prix de l’International Garden Photographer of the Year.

Cette photo a été récompensée d’un premier prix de l’International Garden Photographer of the Year.
Capture d’écran.

Contacté, le photographe italien fait part de sa vive indignation :
« Je confirme que les images auxquelles vous faites référence sont bien des photographies que j’ai prises. Je n’étais absolument pas au courant de leur utilisation lors de l’exposition que vous mentionnez et je n’ai jamais donné d’autorisation, écrite ou verbale, pour leur diffusion ou leur attribution à des tiers, et encore moins sous le nom d’un autre auteur. » L’artiste indique avoir fait des signalements « auprès des autorités compétentes ».

A gauche, la photo d’Alberto Ghizzi Panizza et à droite celle affichée sur le site de Philippe Choteau. Les deux photographies sont identiques.

A gauche, la photo d’Alberto Ghizzi Panizza et à droite celle affichée sur le site de Philippe Choteau. Les deux photographies sont identiques.
DDM Véronique Blanc

Le photographe bulgare Tsvetan Ganev, dont certaines photographies artistiques d’insectes auraient également été utilisées, déplore une situation récurrente : « Malheureusement, il arrive souvent que mes photos soient volées et republiées par d’autres. » Il relève toutefois une particularité dans son cas : « Apparemment, certains sujets ont simplement été retournés avant d’être republiés », observe-t-il, évoquant notamment une image de mouche dans un univers onirique, modifiée par un changement de sens. « Depuis la Bulgarie, je ne sais pas comment porter plainte même si je ne souhaite pas qu’il utilise mes photos. »

Cette photo de Tsvetan Ganev a été récompensée par un prix de l’International Garden Photographer of the Year.

Cette photo de Tsvetan Ganev a été récompensée par un prix de l’International Garden Photographer of the Year.
Capture d’écran.

Sollicité à plusieurs reprises afin de répondre à ces accusations de plagiat, Philippe Choteau n’a pas donné suite à nos demandes. Les galeries photos ont été supprimées de son site Internet peu de temps après notre sollicitation.

Selon le Code de la propriété intellectuelle, « toute édition d’écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et toute contrefaçon est un délit. La contrefaçon en France d’ouvrages publiés en France ou à l’étranger est punie de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. »