La Chine a dénoncé avec fermeté l’accord commercial conclu entre les États-Unis et Taïwan, qui prévoit d’importants investissements taïwanais dans la production de semi-conducteurs sur le sol américain en échange d’une baisse des droits de douane, y voyant une violation du principe d’ »une seule Chine » et une atteinte à sa souveraineté.

La Chine a dit vendredi s’opposer « résolument » à l’accord commercial conclu par les Etats-Unis avec Taïwan prévoyant le développement de la production de semi-conducteurs sur le sol américain, en contrepartie des droits de douane abaissés sur les produits taïwanais.

« La Chine s’oppose systématiquement et résolument à tout accord ayant des implications en matière de souveraineté ou un caractère officiel, signé entre des pays avec lesquels elle a des relations diplomatiques et la région chinoise de Taïwan », a dit lors d’un point presse un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

Il a pressé les Etats-Unis de « respecter scrupuleusement le principe d’une seule Chine ». La Chine revendique Taïwan comme partie intégrante de son territoire.

Pékin s’est déjà opposé aux accords bilatéraux conclus entre Washington et Taipei. En 2023, un premier accord avait été signé entre les Etats-Unis de Biden et Taïwan.

« La décision américaine viole le principe d’une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains, et contrevient à l’engagement des États-Unis de n’entretenir que des relations non officielles avec Taïwan », avait déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères à l’époque.

La Chine considère Taïwan comme sa « province sécessionniste », tandis que Taipei revendique son indépendance.

250 milliards d’investissements

Pour rappel, le département américain du Commerce a annoncé jeudi la signature d’un accord commercial avec le gouvernement taïwanais, qui abaisserait les droits de douane imposés par Donald Trump de 20% à 15%, comme pour les produits japonais ou européens.

Cet accord prévoit en contrepartie des investissements « d’au moins 250 milliards de dollars » aux États-Unis par les entreprises taïwanaises de semi-conducteurs, pour y développer la production, et 250 milliards de dollars supplémentaires pour « renforcer l’écosystème et la chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs aux Etats-Unis », a indiqué le département du Commerce dans un communiqué.

« Nous avons besoin de ces semi-conducteurs pour notre sécurité nationale, qu’ils soient fabriqués aux Etats-Unis », a déclaré jeudi le ministre américain au Commerce, Howard Lutnick, à la chaîne CNBC, après des mois de négociations.

« Nous ne pouvons pas nous appuyer sur un pays situé à près de 15.000 km pour nous livrer ces produits qui sont essentiels à notre sécurité nationale », a-t-il ajouté, souhaitant voir son pays « autosuffisant » en la matière.

« Bouclier de silicium »

Selon le communiqué, le gouvernement de Taipei doit pour sa part soutenir les investissements américains dans l’industrie taïwanaise des semi-conducteurs, l’intelligence artificielle (IA) ou encore les technologies de défense.

L’île fabrique plus de la moitié des puces au niveau mondial, et presque la totalité des plus avancées, utilisées aussi bien dans les smartphones que les centres de données nécessaires à l’IA.

Cette domination est considérée comme un « bouclier de silicium » pour la sécurité de l’île, qui la protégerait d’un blocus ou d’une invasion par la Chine communiste – qui considère l’île comme une partie de son territoire – et inciterait les Etats-Unis à la défendre.

« D’après les prévisions actuelles, Taïwan restera le premier producteur mondial de semi-conducteurs pour l’IA, non seulement pour les entreprises taïwanaises, mais aussi à l’échelle mondiale », a affirmé vendredi le ministre taïwanais des Affaires économiques Kung Ming-hsin.