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Rédaction La Presse de la Manche
Publié le
16 janv. 2026 à 10h54
Le Carentanais Denis Béjot s’est mué en enquêteur pour retrouver l’origine de tableaux trouvés dans son grenier et les restituer à la famille d’un prisonnier allemand, artiste peintre.
C’est lors de son déménagement en 2006 de la région d’Épinal, dans les Vosges, vers Carentan (Manche) que Denis Béjot a découvert dans son grenier trois tableaux qui étaient stockés depuis de nombreuses années et dont il ignorait l’existence.
Nous avions un grand tableau et deux plus petits d’un artiste inconnu. Les dos de ces tableaux étaient tapissés par des coupures de journaux de l’époque et, sur l’un d’eux, un papier dépassait, qui pouvait être l’emballage d’un colis avec l’adresse complète d’un prisonnier allemand de la Seconde Guerre mondiale, avec son numéro de matricule.
Denis Béjot
Il rencontre le fils du peintre
Denis Béjot a contacté des services allemands afin de trouver la famille de ce prisonnier, Franz Ovenhausen, et restituer les tableaux, « ce que nous avons pu faire en septembre 2010 mais, depuis cette date, nous n’avions plus de nouvelles ».

Les trois tableaux rendus à la famille du peintre allemand. ©Brigitte ACHER
En juin 2024, lors des célébrations du 80e anniversaire du Débarquement, Denis Béjot a rencontré un officier allemand, Florian Schleiffer, sur le lieu de parachutage de La Fière. Il lui a parlé de ces peintures.
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Cette personne s’est portée volontaire pour effectuer une relance auprès de la famille et, après quelques courriels échangés, la famille Ovenhausen est venue à Carentan pour les cérémonies du 6 juin. Nous avons fait la connaissance du fils du peintre et de son cousin mais le contact a été court et nous n’avons pas pu vraiment connaître l’histoire de la famille.
Denis Béjot
Ce qu’il a pu apprendre est extrait des mémoires et lettres de Franz et de son frère, Albert Ovenhausen, retrouvées dans les archives familiales.
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Franz, né en 1908, était fils d’un photographe. Il aimait dessiner et peindre. Il a été enrôlé dans la Wehrmacht en 1940 malgré son âge assez avancé et affecté à une division allemande en Yougoslavie en qualité de photographe au sein de l’État-Major.
Fait prisonnier par les Américains, il fut emprisonné à Épinal. Employé sur de chantiers de déminage, il peignait des tableaux pendant ses moments libres « en échange de tabac ». Il écrit à ses parents : « J’ai réalisé ma première aquarelle à l’eau depuis 20 ans. Ça marche bien, j’ai déjà des commandes. »
Denis Béjot souhaite retrouver d’autres tableaux peints par cet artiste et mieux connaître son parcours.
De notre correspondante Brigitte ACHER
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