Le chanteur français estime que le système de comptabilité des ventes musicales « n’est pas juste » et qu’il ne reflète pas les chiffres réels du paysage musical francophone.
Faut-il revoir complètement le système de comptabilité des ventes musicales ? Depuis l’ère du streaming, lancée il y a environ dix ans, le Snep a établi que 1500 écoutes sur les plateformes équivalaient à une vente, que cela soit pour les albums ou pour les singles. Résultat ? Les palmarès musicaux mettent en avant, chaque année ou presque, des artistes majoritairement plébiscités par la jeunesse. Et notamment des rappeurs, comme Gims, Jul ou Werenoi qui ne cessent de décrocher des disques de diamants ou singles de platine.
Tout cela n’est pas du goût des grandes figures de la chanson française qui militent pour un retour au système d’antan, où les ventes physiques étaient pleinement prises en compte. Parmi eux, un certain Florent Pagny, dont l’album Grandeur nature s’est seulement hissé à la 67e place du dernier bilan annuel du Snep. Au micro de Public, le 13 janvier, il a confié avoir « un petit problème avec le “stream” », le terme employé pour désigner les écoutes. « Je trouve que ce n’est pas juste, remarque-t-il. Aujourd’hui, nous ne sommes pas capables, avec ce système, de savoir combien d’albums a vendu un artiste. »
Dans le rap, finalement ça les arrange bien, donc le jour où je vais décider de m’en mêler, ça va être compliqué je pense
Florent Pagny
L’interprète de Savoir aimer pointe un « système qui ne fonctionne pas, qui est opaque ». Il pense aussi que l’ère du streaming favorise la triche. « On le sait, c’est possible de le faire, regrette le chanteur. Pour quelques milliers d’euros, un artiste peut vraiment faire monter ses écoutes. » Pour lui, ce nouveau mode de calcul favorise les artistes urbains. « Dans le rap, finalement ça les arrange bien, donc le jour où je vais décider de m’en mêler, ça va être compliqué je pense […] et ça va ouvrir les débats », explique Florent Pagny.
Le Snep change ses méthodes de calcul
Nos confrères de Public l’ont aussi interrogé sur la billetterie des concerts de Jul au Stade de France et au Vélodrome en mai prochain. Les prix des places affichaient une hausse de 40 % lors de son ouverture, car le rappeur marseillais avait couplé les billets avec l’achat d’un album. « C’est une technique et c’est pas mal, admet Florent Pagny. Après, il t’oblige à acheter son disque. La place de concert, elle devrait être à 80 euros, mais comme il te met son album avec, il va te la vendre 100 euros. »
Gims, Jul, Florent Pagny… Le bilan des ventes de musique en 2025
Le Snep a toutefois apporté quelques modifications début 2026. Les artistes devront désormais mettre en vente leurs disques au prix minimum de sept euros et ils ne pourront en vendre que trois exemplaires par commande. Il interdit également la vente simultanée des places de concerts avec les albums et le nombre de morceaux par disque sera limité pour éviter les rééditions à rallonge comme l’a pu faire Gims l’an passé avec Le Nord se souvient, qui a été écoulé à plus de 550 000 exemplaires.