Par
Laure Gentil
Publié le
16 janv. 2026 à 12h48
En 2018, Aboubacar Fofana, 22 ans, a été tué durant un contrôle dans le quartier du Breil, à Nantes. Au volant de sa voiture, le jeune homme avait tenté de fuir la police en marche arrière. Le CRS a tiré et Aboubacar Fofana a été touché au cou. Il est décédé quelques heures plus tard à l’hôpital.
La mort du jeune homme avait provoqué plusieurs nuits de violences dans les quartiers du Breil et de Bellevue, ainsi qu’à Orvault et Rezé.
Ce vendredi 16 janvier 2026, le procès se termine au tribunal de Nantes. Le procureur de la République a requis quatre ans de prison avec deux ans de sursis à l’encontre de R. Hadjadji, le CRS de 59 ans, aujourd’hui à la retraite.
« Le seul auquel il ment, c’est lui »
Vendredi matin, les avocats de la famille d’Aboubacar Fofana ont plaidé pour leurs clients. « On parle de la mort d’un homme », rappelle Me Barrière, pour qui la version du « tir accidentel » ne tient pas.
Il n’y a pas de douille dans le véhicule, il n’y a pas de poudre, il n’y a pas d’ADN sur l’arme, il n’y a pas de dysfonctionnement de l’arme, il n’y a pas de déclaration d’accident à la radio.
Me Barrière, avocat de la famille
Un avis partagé par son confrère Me Creach, avocat du cousin de la victime, qui décrit la thèse de l’accident comme « confortable ». « Le seul auquel il ment, c’est à lui », explique simplement Me Creach.
Du sursis pour le CRS
Le procureur a finalement requis quatre ans de prison avec deux ans de sursis simple ainsi que l’interdiction d’exercer car si le CRS est à la retraite depuis un an, il pourrait être réserviste. « C’est la grandeur du métier de policier que de respecter la loi », rappelle le magistrat qui regrette que le policier n’ait pas reconnu sa faute mais reconnaît ses états de service et l’absence de risque de service.
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