Les injections minceur au nom compliqué, comme
Ozempic,
Wegovy ou Mounjaro, ont
promis à beaucoup une silhouette allégée sans chirurgie. En
quelques mois, la balance s’allège, l’appétit diminue, les
vêtements flottent. Tout paraît simple, presque magique. Reste une
question qui inquiète en silence : que se passe-t-il quand on
arrête vraiment ces médicaments ?
Une méta-analyse britannique publiée le 7 janvier 2026 dans le
British Medical Journal vient d’apporter une réponse chiffrée. En
compilant les données de dizaines d’essais sur les analogues du
GLP-1, les chercheurs montrent que la
reprise de poids après l’arrêt est non seulement
quasi systématique, mais aussi bien plus rapide qu’après un simple
programme de régime et d’activité physique.
Une méta-analyse du BMJ passe au crible Ozempic, Wegovy et
Mounjaro
Conduite par une équipe de l’Université d’Oxford, l’étude a
passé au crible 37 essais cliniques regroupant 9 341 adultes
traités par médicaments de gestion du poids. Beaucoup recevaient
des analogues du GLP-1 comme le sémaglutide
(Ozempic, Wegovy) ou le
tirzépatide (Mounjaro) pendant environ 39 semaines, puis étaient
suivis pendant un peu plus de sept mois après l’arrêt.
En moyenne, le poids remontait d’environ 0,4 kg par mois après
l’arrêt de traitement amaigrissant. À ce rythme, les patients
retrouvaient leur poids initial en 18 mois, tandis que les
bénéfices sur la tension et le cholestérol disparaissaient en 15
mois. Un constat résumé par cette phrase : « Ces traitements
transforment la prise en charge de l’obésité, mais leur efficacité
à long terme dépend d’un accompagnement global, incluant
l’alimentation, l’activité physique et le soutien psychologique », a
déclaré le Dr Sam West, co-auteur de l’étude, cité par le
Guardian.
©
Shutterstock
Combien de poids reprend-on après l’arrêt d’Ozempic, Wegovy ou
Mounjaro ?
Pour les traitements vedettes que sont le sémaglutide et le
tirzépatide, les chiffres impressionnent. Les participants sous
Ozempic, Wegovy ou
Mounjaro perdaient en moyenne 15 kg pendant la
phase active. Une fois les injections stoppées, ils
reprenaient environ 10 kg en un an, soit près de
0,8 kg par mois, avec un retour projeté au poids
de départ en 18 mois.
À l’inverse, les adultes ayant maigri uniquement grâce à un
rééquilibrage alimentaire et à l’activité physique reprenaient
leurs kilos bien plus lentement. Ils mettaient en moyenne près de
quatre ans pour revenir à leur poids initial, soit une vitesse de
reprise environ quatre fois plus faible que chez les personnes
ayant arrêté un agoniste du GLP-1.
Pourquoi la reprise est si rapide après
Ozempic, Wegovy ou Mounjaro
Ce rebond rapide s’explique en partie par la biologie. Les
analogues du GLP-1 freinent la vidange de
l’estomac, augmentent la sensation de satiété et aident le pancréas
à libérer de l’insuline. Quand on arrête, ces effets cessent
presque du jour au lendemain, alors que l’organisme, lui, a déjà
ralenti ses dépenses d’énergie pour s’adapter à la perte de
poids.
Pour les patients, l’équation est délicate : ces médicaments
coûtent autour de 300 € par mois et restent peu remboursés. Un
patient sur deux les interrompt au bout d’un an, pour des effets
digestifs ou faute de budget, justement quand le risque de reprise
rapide est maximal et qu’un suivi médical serré prend tout son
sens.