Un thé noir avec une cuillère de miel et une boîte de paracétamol posés sur le bureau de sa permanence.

À la veille de son deuxième meeting de campagne (1), où il sera seul à prendre la parole sur scène, Michel Bonnus doit s’accommoder d’un mal de gorge, ce vendredi matin.

Pas de quoi arrêter celui qui a combattu un cancer du pancréas. Devant lui, une pile de fiches qui détaillent sa vision de Toulon, s’il est élu maire en mars prochain.

Manu Diaz et Michel Bonnus ont entraîné le RCT ensemble pendant deux saisons en deuxième division, de 2000 à 2002 . Photo Gérard Raynaud

Un projet sur lequel il planche depuis plus d’un an avec son équipe, via des commissions et 83 réunions chez l’habitant.

Avec parfois des changements d’avis en cours de route.

En avant-première, le sénateur LR varois, soutenu par Hubert Falco (empêché de se représenter après sa condamnation) mais qui aura à affronter l’actuelle maire Josée Massi, en dévoile cinq grandes lignes.

Un casino au bord de l’eau

Michel Bonnus voit grand avec la transformation du littoral de Toulon, espérée par Hubert Falco, mais jamais réalisée.

Lui parle « de Mayol à l’anse des pins », avec un casino, un centre des congrès (qui remplacerait le Palais Neptune), une cité des sciences et de la mer ou encore l’ancien sous-marin nucléaire d’attaque Casabianca transformé en musée ainsi qu’un hôtel de prestige et thalasso.

Mais aussi des terrains de padel, un parcours de santé et la réouverture de La Plage en un lieu festif.

Un grand hôtel de police

L’emplacement est déjà choisi : le champ de Mars, à proximité de la fac de droit.

Michel Bonnus souhaite y accueillir un grand hôtel de police, réunissant forces nationales et agents municipaux, à l’instar de Nice.

Le candidat LR envisage également de développer la vidéosurveillance, avec des caméras mobiles et l’utilisation de l’IA.

Tout comme la création d’un îlotier au Pont-du-Las et à Saint-Jean-du-Var et du retour d’une brigade cynophile pour « suivre les flux » jusqu’à deux heures du matin.

Sans pour autant gonfler les effectifs.

« Connaissant la difficulté à recruter, on va continuer à engager dix policiers par an », précise-t-il, tout en chiffrant le coût de toute nouvelle recrue à 70.000 euros annuels.

Le BHNS plutôt que le tramway

Lancé sous Hubert Falco puis retardé, le projet d’un réseau de bus à haut niveau de service sera poursuivi en cas de victoire de Michel Bonnus.

Avec en tête les 40 millions promis par l’État, celui-ci ne veut « pas tout remettre en question » et « avancer » alors que « la mobilité représente un frein à l’emploi ».

Il renonce donc à l’éventualité d’un tramway, du moins à court terme. « Trop figé », selon lui.

Et anticipe d’indemniser les commerçants lésés par les travaux.

Le stade Mayol reste à Mayol

Contrairement au souhait du président du RCT Bernard Lemaitre pour qui la construction d’un nouveau stade est « inéluctable », le sénateur varois compte conserver le stade Mayol « qui appartient à tous les Toulonnais », là où il est.

En prévoyant une modernisation, notamment « la couverture des tribunes Finale et Delangre » et « le développement des espaces partenaires pour optimiser l’hospitalité ».

« On va tout faire pour que tout le monde s’y retrouve », insiste Michel Bonnus, citant l’exemple à Paris du stade Jean-Bouin, qui accueille une équipe de rugby (le Stade Français) et une de foot (le Paris FC).

L’ancien joueur et entraîneur du RCT ne croyant pas à la faisabilité d’un nouveau stade de 20.000 places du côté de la Tour royale, « trop proche de terrains militaires ».

Dans le Top 20 des villes universitaires

En six ans, Michel Bonnus veut quasiment doubler le nombre d’étudiants à Toulon pour atteindre les 20.000.

Il vise particulièrement les filières des métiers en tension et compte sur l’implantation prévue en 2027 du Collège des sciences navales.

Il prévoit en parallèle la création de 180 logements étudiants à la Rode, dans l’ancien siège de la CAF.

Autre envie : en plus d’un bus « Mon médecin près de chez toi » et la création de deux maisons des aidants, il mise sur la création d’une « Maison des internes » à Sainte-Musse afin de « se donner les moyens de créer un site d’enseignement universitaire de médecine ».

1. Palais des congrès Neptune, ce samedi à 10h30. Entrée libre.