Publié le
16 janv. 2026 à 18h24
« Aider les patients à mieux vivre les angoisses et les douleurs liées à leurs prises en charge ». Voilà l’objectif d’une expérimentation menée par le CHU de Lille depuis quelques semaines grâce à l’aide d’un chien. Un dispositif innovant avec des résultats déjà encourageants.
Un chien pour aider les patients au CHU de Lille
Ce nouvel allié à quatre pattes a plus précisément rejoint le service d’oxygénothérapie hyperbare à l’hôpital Roger Salengro. Le dispositif bénéficiera à près de 1 000 patients pris en charge chaque année afin de les aider à mieux vivre les angoisses et les douleurs liées à leurs prises en charge.
« La douleur est composée à la fois d’une sensation et d’une émotion. Les émotions négatives amplifient la perception douloureuse, il est donc indispensable d’agir pour apaiser les patients. La médiation animale constitue un moyen complémentaire aux soins traditionnels », commente Nathalie Aulnette, directrice de la Fondation APICIL qui a aidé à la mise en place du projet.
Cette méthode d’intervention, encore récente en France, repose sur l’attrait naturel que l’animal exerce auprès des bénéficiaires, avec une capacité reconnue à calmer, rassurer et stimuler les facultés cognitives. L’animal s’avère ainsi être un soutien psychologique indéniable pour de nombreux patients.
Une démarche innovante issue du vécu de Thomas
Au CHU de Lille, cette démarche innovante est issue du vécu d’un patient prénommé Thomas. À la suite d’un grave accident en juin 2022, ce jeune patient a passé plusieurs mois à l’hôpital. Polytraumatisé et éloigné de ses proches, il traverse une période de grande déprime.
C’est alors que la photo de son chien, un cocker anglais nommé Looping, attire l’attention du docteur Erika Parmentier, responsable du centre d’oxygénothérapie hyperbare. Thomas lui confie que son chien lui manque beaucoup, elle lui propose alors d’organiser une visite de Looping à l’hôpital.
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« Cette démarche a été particulièrement bénéfique pour Thomas, qui a repris petit à petit goût à la vie. Looping a eu une influence très positive sur son maître, notamment grâce à ses visites hebdomadaires, mais il a également apporté de la joie à toute l’équipe soignante. Cette expérience nous a confortés », commente cette dernière.
Et Thomas d’ajouter : « Looping a agi comme un médicament. Il me faisait oublier la douleur, apaisait mon stress et mon angoisse. J’étais impatient de recevoir sa visite chaque semaine. Il rendait heureux tout le monde et changeait l’ambiance, plus joyeuse et plus détendue, jusqu’à me faire oublier que j’étais à l’hôpital ».
Cette expérience marquante donne alors l’idée aux équipes soignantes de développer un projet de médiation animale au service du bien-être des patients.
Un projet structuré et pérenne
Préparé depuis plusieurs mois, le projet s’est développé en deux étapes. La première phase a consisté à organiser des séances avec des médiateurs canins du centre À l’Évidence, centre de développement de la relation homme–animal–nature, et leurs chiens, afin de valider l’intérêt du dispositif.
« La seconde phase a vu, au printemps, l’adoption par une cadre de santé du pôle Médecine Intensive et Réanimation d’un berger australien nommé Teamir. Depuis mai 2025, quatre agents volontaires du service ont été formés à la médiation canine, parallèlement à la formation spécifique de Teamir, adaptée au milieu hospitalier, au sein du centre À l’Évidence », détaille le CHU.
Les interventions de Teamir sont mises en place progressivement au sein du service, avec pour objectif une présence quotidienne d’ici fin 2026, associée à diverses activités.
Les équipes veillent en permanence au bien-être et à la bonne santé de l’animal : espace dédié, suivi sanitaire, promenades régulières et accompagnement par ses référents. « Les retours des patients bénéficiaires de cette médiation sont extrêmement positifs« , assure encore le CHU.
Une belle idée pour ce service qui prend en charge diverses pathologies grâce à une technique consistant à faire respirer de l’oxygène sous pression dans une chambre hyperbare. L’unité dispose de trois chambres multiplaces interconnectées, baptisées Amphitrite, Poséidon et Europe, en référence à la mer et à la mythologie. L’oxygénothérapie hyperbare permet notamment de traiter des lésions complexes telles que les plaies chroniques, ulcères, complications post-radiothérapie, intoxications au monoxyde de carbone ou fractures ouvertes.
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