Un calendrier électoral européen chargé en 2026

Après une année 2025 relativement calme sur le plan électoral, 2026 s’annonce intense : des scrutins majeurs sont prévus dans onze des vingt-sept États membres de l’Union européenne. Certaines élections devraient confirmer des tendances nationales, tandis que d’autres pourraient bouleverser les équilibres politiques au niveau européen. Du Portugal à la Slovénie, en passant par l’Allemagne et la Hongrie, l’ensemble du continent dresse la liste des temps politiques à suivre.

Janvier — Portugal : une présidentielle ouverte

Le dimanche 18 janvier, les Portugais se rendront aux urnes pour élire leur nouveau président de la République. La succession du président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, élu en 2016 puis réélu en 2021, est très disputée : arrivant au terme de ses deux mandats consécutifs, le chef de l’État, âgé de 77 ans, ne peut se représenter.

Près de onze candidats se sont déclarés ; selon les sondages cités dans le texte d’origine, quatre d’entre eux se détachent et pourraient accéder au second tour prévu le 8 février : André Ventura (dirigeant du parti d’extrême droite Chega), Henrique Gouveia e Melo (ancien chef des armées), João Cotrim de Figueiredo (candidat soutenu par le gouvernement de droite actuel) et António José Seguro (ancien secrétaire général du Parti socialiste).

Mars — France, Slovénie : municipales et législatives à suivre

En France et en Slovénie, mars 2026 constituera un point d’observation important. En France, les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars : elles arrivent un an avant la présidentielle de 2027 et seront particulièrement scrutées, à la fois pour le baromètre territorial qu’elles offrent et pour leur capacité à rebattre les cartes politiques après la crise parlementaire et budgétaire déclenchée en 2024. Quelque 3 000 scrutins locaux de mars 2026 se dérouleront dans un cadre différent de 2020, marqué par l’impact de la pandémie de Covid-19.

En Slovénie, des législatives sont prévues le 22 mars 2026, a annoncé la présidente Nataša Pirc Musar. Elles doivent désigner un nouveau gouvernement ; jusqu’ici le pays était mené par Robert Golob et le Mouvement de la liberté. Selon les sondages mentionnés, le Parti démocratique, principale formation d’opposition de centre‑droite, pourrait arriver en tête. La formation d’un gouvernement pourrait toutefois s’avérer complexe, plusieurs petits partis restant influents.

Avril — Hongrie : Viktor Orbán face à une opposition renforcée

En avril, tous les regards se tourneront vers la Hongrie où Viktor Orbán, au pouvoir depuis 2010, ambitionne de prolonger son contrôle pour un nouveau mandat de quatre ans. Le chef du parti Fidesz affrontera une opposition consolidée incarnée, selon le texte d’origine, par Péter Magyar, député européen et figure montante de l’opposition. Les sondages donnent une opposition renforcée et les débats porteront moins sur des sujets sociétaux — droits LGBTQ+ ou immigration — que sur le pouvoir d’achat et les relations avec Bruxelles, thèmes privilégiés par Péter Magyar.

Été‑automne — Suède, Danemark, Lettonie : scrutins nationaux

Le 13 septembre 2026, la Suède renouvellera les 349 sièges du Riksdag lors d’une élection générale. D’après les estimations d’Indicator Opinion publiées en décembre 2025, le Parti social‑démocrate (SAP) apparaissait en tête des intentions de vote. La formation qui sortira victorieuse y définira ensuite la désignation du Premier ministre.

En octobre, deux calendriers nationaux mériteront l’attention : le Danemark se prépare pour des élections législatives jugées décisives en 2026 (la date exacte reste à confirmer), et la Lettonie tiendra des élections le 3 octobre 2026. En Lettonie, le parti populiste Latvija pirmajā vietā (LPV) figure haut dans les sondages, tandis que l’Alliance nationale (National Alliance) est créditée d’environ 20 % et talonne LPV.

Europe centrale et orientale : collectivités sous tension

Dans les Balkans et l’Est, la Bulgarie, entrée dans la zone euro le 1er janvier 2026, se dirige vers des législatives anticipées après la démission du gouvernement de Rosen Zhelyazkov en décembre 2025. Le 16 janvier 2026, la troisième tentative de former un gouvernement avait encore échoué ; la Constitution bulgare prévoit alors des élections dans les deux mois suivant la formation d’un gouvernement intérimaire. Des élections présidentielles sont également prévues d’ici novembre 2026.

En Estonie, le président Alar Karis, élu pour un mandat unique de cinq ans en octobre 2021, voit son mandat expirer le 11 octobre 2026 ; l’élection de son successeur, attendue à l’automne, impliquera un vote des députés du Riigikogu (au moins 68 voix sur 101 requises selon les règles parlementaires).

Scrutins régionaux et locaux en Europe du Sud et en Allemagne

Entre mars et juin 2026, des élections régionales auront lieu en Espagne (Aragon, Castille‑et‑Léon, Andalousie). Ces scrutins constitueront des tests pour le PSOE et pour le Parti populaire (PP). Le PSOE a connu une défaite marquée dans certaines régions : selon les chiffres cités, le PSOE recueillait 25,7 % des voix dans un scrutin régional évoqué, tandis que le PP affichait 43 % et Vox progressait à 17 %.

En Allemagne, plusieurs Länder organiseront des élections régionales en mars et en septembre 2026 (Bade‑Wurtemberg, Rhénanie‑Palatinat, Saxe‑Anhalt, Berlin, Mecklembourg‑Poméranie‑Occidentale). Une progression de l’AfD dans certaines régions pourrait influer sur la composition des exécutifs régionaux et sur la recomposition des majorités locales.

Enfin, certaines informations de presse chypriote (Cyprus Mail et Knews) ont indiqué la tenue d’élections législatives à Chypre le 24 mai 2026, selon une annonce du ministère de l’Intérieur citée dans les sources mentionnées.

Au total, 2026 apparaît comme une année charnière pour l’équilibre politique en Europe : de nombreux scrutins nationaux, régionaux et locaux devraient non seulement départager des majorités domestiques, mais aussi reconfigurer les forces à l’œuvre au Conseil européen et au Parlement européen, à un moment crucial pour des dossiers comme l’avenir de l’Ukraine ou les relations avec Bruxelles.