Elle nous reçoit entourée d’une partie de ses « équipiers », dans le salon Gilbert-Bécaud à L’Eautel, sur la place de l’Équerre. Sur la table basse, sa brochure de campagne.

Derrière elle, l’affiche officielle. Josée Massi a choisi Var-matin pour mettre fin au suspense et déclarer sa candidature aux élections municipales du 15 mars prochain. Entretien.

Pourquoi êtes-vous candidate à la mairie de Toulon ?

J’aime Toulon, j’y vis, j’ai grandi dans les HLM de Bon Rencontre. J’y ai exercé toute mon activité professionnelle au service de l’intérêt général. D’abord comme enseignante. Et puis, pendant plus de 20 ans, en dirigeant le centre départemental d’insertion professionnelle. Enfin, je suis devenue adjointe au maire, puis maire depuis trois ans. Aujourd’hui, j’ai envie de continuer la transformation de Toulon, de bâtir une ville qui rayonne, une ville dynamique, qui avance avec confiance.

Une union avec le sénateur Les Républicains (LR) Michel Bonnus n’était-elle pas possible ?

Depuis juillet, j’ai essayé de faire cette union. Je respecte beaucoup Michel mais nous ne sommes pas arrivés à un compromis. Alors j’ai mûrement réfléchi. Je ne voulais pas mettre non plus la ville à l’arrêt pendant six mois. Je souhaitais d’abord réussir à bâtir un budget avant de me déclarer. Voilà : je suis candidate.

N’y a-t-il plus aucune possibilité d’accord ?

Il a déclaré sa candidature. Je déclare la mienne. Je ne vois pas comment on pourrait faire… Par contre, au lendemain du premier tour, je me désisterai sans problème si je ne suis pas deuxième. Il n’y aura pas de triangulaire par ma faute.

En présentant une deuxième candidature au centre-droit, n’avez-vous pas peur, en cas d’élection de Laure Lavalette, qu’une partie des électeurs vous accuse d’avoir fait le jeu du Rassemblement national ?

Si c’est le cas, on va me faire porter le chapeau, que j’y aille ou que je n’y aille pas. J’ajoute que je ne vois pas pourquoi celui qui se serait déclaré en premier serait forcément le plus légitime. Donc il y aura deux listes (de la majorité municipale, Ndlr).

N’y a-t-il pas un peu de fierté derrière cette candidature ? Vous nous aviez confié avoir été blessée par le revirement de l’ex-maire Hubert Falco, qui soutient désormais Michel Bonnus…

Pas du tout. J’apprécie beaucoup Hubert Falco, qui a été un grand maire pour Toulon. Il ne s’agit pas de revanche. Il n’y a pas non plus d’ambition personnelle. Ma seule ambition, c’est de servir la ville. Et de me battre contre les extrêmes. J’ai aussi été beaucoup sollicitée par la population. Allez, peut-être y a-t-il quand même une petite dose de courage et d’inconscience de ma part…

Il a été dit que vous aviez subi des pressions pour ne pas vous présenter. Pouvez-vous nous expliquer…

(Elle coupe) Non, je ne dirai rien. On ne va pas revenir sur l’histoire. Ça a été une période difficile mais c’est derrière moi. J’avance.

Qu’avez-vous que Michel Bonnus n’a pas ?

J’ai la légitimité en tant que maire sortante. Qui, parmi les candidats, a déjà géré une ville de 180 000 habitants ? Un budget de 350 millions d’euros ? Je maîtrise les dossiers, je suis expérimentée. Ce n’est pas simple d’être jetée dans le grand bain. Moi, je serai opérationnelle dès le lendemain de l’élection.

Donc, vous pensez être une meilleure candidate que lui ?

Oui. Je suis candidate et j’en suis fière.

Est-ce que derrière cette impossible union, il y a aussi des différends politiques avec LR ?

Je revendique une candidature sans étiquette. Je ne pourrais pas aller sur une liste LR aujourd’hui. Je n’adhère à aucun parti, ce n’est pas ma tasse de thé. Pour m’entourer, il y aura essentiellement la société civile.

Il y a une autre candidate « sans étiquette », Laure Lavalette, qui ne manque pas une occasion de prendre votre défense…

Arrêtons de parler de sa liste sans étiquette : elle est porte-parole du Rassemblement national ! Ensuite, je ne suis pas dupe. De la sororité ? C’est surtout une stratégie qui lui permet de taper sur les autres en face.

Quel est votre bilan depuis mai 2023 ?

Déjà, je me suis attachée à suivre la feuille de route sur laquelle on a été élus en 2020. J’ai d’abord été dans la continuité. Après, j’y ai mis ma patte. Sur l’éducation. Sur la végétalisation. Et puis on a gardé les cliniques à Toulon. Ça a été un vrai combat politique au niveau de la métropole. Que j’ai gagné ! Mais deux ans et demi, c’est court. C’est pour ça que je veux faire un autre mandat.

Quel va être votre programme ?

Ma méthode, c’est écouter, dialoguer et décider. Mais il faut faire attention à ne promettre que ce qu’on ne va pouvoir tenir. Il y aura trois grands axes : la sécurité, la tranquillité et faire de Toulon une ville apaisée ; être solidaire, de la petite enfance aux seniors, en passant par le logement ; enfin, l’attractivité économique et écologique. Quant à ma première mesure, je mettrai en place une plateforme d’écoute, une application pour les citoyens. Mais je détaillerai tout cela en temps et en heure.

La campagne sera courte. À quels temps forts doit-on s’attendre ?

Je ferai un meeting pour présenter mes équipiers. Je vais ouvrir une permanence aussi, rue Pastoureau, à côté des Galeries Lafayette. Et un site Internet : joseemassi.com. Mais je vais surtout privilégier le contact de terrain.

Votre âge (75 ans) et celui de certains élus sortants qui vous entourent ont provoqué quelques sarcasmes…

Ces commentaires que j’ai pu lire font offense aux seniors de la ville de Toulon, qui sont presque 20 %. Et puis il y a un dicton qui dit que l’homme jeune avance vite mais que l’ancien connaît le chemin. J’ai la prétention de penser que nous, on va montrer le chemin. On a acquis une certaine sagesse. Et puis, je suis en pleine forme !

Neuf colistiers dévoilés

Laurence Masson Dubroc, Cadre associatif
Julien Orlandini, Directeur CAF du Var
Fatou Cissé, Responsable du relais Petite enfance à St-Roch
Olivier Dubuquoy , Universitaire
Claudie Defianas, Entrepreneuse
Boris Touaty, Pdg des Cafés Maurice
Stéphanie Slimani, Comédienne
Peggy Le Goff, Fonctionnaire
Romain Turpin, Prés. du CIL La Serinette