Alors que Bordeaux Métropole a investi 3,3 milliards d’euros pour le développement des mobilités depuis le début du mandat qui s’achèvera au printemps, quelles sont les données à retenir pour cette année 2025 ?
1 Trafic et bouchons globalement stables
Il y a toujours deux façons de lire une statistique : Christine Bost a choisi de voir en la hausse de 1 % des temps de parcours routiers en un an (la congestion) le verre à moitié plein, la qualifiant de « pas si mauvais chiffre ». Ceux qui ont tendance à voir le verre à moitié vide noteront que cette dégradation a eu lieu alors que le trafic routier est resté stable (hors rocade) en 2025.

Sud Ouest
Cette moyenne cache toutefois des situations diverses : le trafic baisse en intra-rocade (- 0,7 %), en intra-boulevards (- 0,2 %) et sur la rocade (- 0,9 %, mais avec une hausse des temps de parcours de 1 %), tandis qu’il a augmenté sur les boulevards (+ 1,4 %), à rebours des dernières années (- 15 % depuis 2019, et la création des couloirs de bus), et en extra-rocade (+ 2,5 %). La Métropole met en avant l’entrée en service du pont Simone-Veil en juillet 2024, qui a « contribué à apaiser les circulations et limiter les congestions en aval ».
À noter : en dix ans, le trafic routier a baissé d’environ dix points, malgré une hausse continue de la population (+ 71 000 habitants entre 2016 et 2023, selon l’Insee), et le taux de congestion a légèrement augmenté.
2 L’explosion de l’usage du vélo
Depuis la crise Covid, le nombre de cyclistes ne cesse d’augmenter dans la métropole de Bordeaux, à un rythme constant. Depuis 2019, la pratique de la bicyclette a ainsi augmenté d’environ 50 %. Pour la seule année 2025, « la dynamique à la hausse s’observe sur tous les secteurs de l’agglomération, tant intra-boulevards (+ 6 %) qu’extra-boulevards (+ 7 %) », avec une augmentation moyenne de 6 % sur l’année.
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Cette hausse est à mettre en relation avec l’offre de vélos en free-floating, dont le dispositif vient d’être renouvelé par la Métropole : le parc est ainsi passé de 953 à 1 531 bicyclettes entre 2024 et 2025, avec une hausse de 141 % d’utilisation de la petite reine (30 % des usages en libre-service).
Du côté de la Métropole, on se félicite de l’ouverture de nouveaux tronçons de lignes du réseau ReVE (Réseau vélo express), dont la ligne 3 entre Blanquefort et Parempuyre.
3 Bus et trams en hausse, malgré les perturbations
Là aussi, tout dépend du caractère optimiste ou pessimiste de la personne qui lit la statistique : certes, la fréquentation du réseau est en hausse de 3 %, alors que les longs travaux de consolidation du pont de pierre et de la porte de Bourgogne ont nécessité une interruption du trafic sur les lignes A, B, C et D, et durablement perturbé les usagers.
Néanmoins, les nombreux accrocs au fonctionnement des nouvelles lignes E et F ne sont pas, pour le moment, à mettre au crédit du bilan : « Elles ont connu des débuts un peu difficiles », a convenu Christine Bost, lors de ses vœux. Laquelle espère une amélioration de la situation « dans quelques semaines ». C’était déjà ce qu’annonçait Keolis à la mi-décembre…
