Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée au ministère de l’Intérieur, s’est rendue à Limoges, sa terre natale, ce vendredi 16 janvier 2026. Dans son ancien lycée, elle a participé à une table ronde sur la prévention contre le protoxyde d’azote avec des élèves et leurs parents.

Ministre, infirmière scolaire, élus du département, élèves et leurs parents. Tous assis dans une salle de classe du lycée Gay Lussac de Limoges, ce 16 janvier 2026, autour d’une question : comment dissuader les ados de consommer du protoxyde d’azote ? Ce gaz, notamment utilisé en cuisine ou en médecine, est de plus en plus souvent détourné de son usage à des fins psychotropes. Près d’un jeune de moins de 35 ans sur 10 en consomme en soirée, selon une étude réalisée par Ipsos en 2024.

Le gouvernement souhaite mener une action conjointe des ministères de l’Intérieur, de l’Éducation nationale et de la Santé pour ternir l’image de ce gaz, reputé « hilarant ». Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée au ministère de l’Intérieur, propose plusieurs options à son auditoire : « il y a eu trop de drames. Le plus efficace, cela serait d’activer l’arsenal législatif et de lancer une grande campagne de sensibilisation, quelque chose de trash. Tout le monde parle de gaz hilarant. Cela doit changer ».

Une campagne de sensibilisation trash

En France, le dernier accident lié au « proto » date de décembre 2025. Dans la nuit du 2 au 3 décembre, à Alès, une voiture termine sa course dans une piscine privée. À son bord, trois jeunes âgés de 14, 15 et 19 ans meurent noyés. Le conducteur était sous l’emprise de l’alcool, du cannabis et du protoxyde d’azote.

Pour ne plus qu’une telle chose se produise, Oscar, élève de seconde, est d’accord la ministre : « il faut traumatiser les plus jeunes pour qu’ils n’en prennent jamais. C’est comme avec la cigarette. Il faut faire peur, c’est le seul moyen« . Quelques rangs plus loin, son camarade lève la main pour intervenir : « Je ne pense pas que ça soit une bonne chose. Moi, je connais des gens qui n’arrêtent pas de fumer, même s’il y a marqué « Fumer tue » sur les paquets ».

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De son côté, Margaux, élève de terminale, n’est pas sûre que tout cela fonctionne : « La prévention, c’est compliqué. Un jeune va écouter plus facilement quelqu’un de son âge, qui va lui dire qu’il a essayé le proto une fois et que ça ne lui a rien fait. En soirée, on a envie d’essayer et nos parents, nos proches, ne peuvent pas toujours nous sensibiliser contre ça ». La jeune fille reconnaît tout de même qu’organiser une table ronde entre des représentants de l’État et des ados est une bonne initiative.

Une loi en discussion au Sénat

Pour l’instant, la vente de protoxyde d’azote n’est interdite qu’aux mineurs. En janvier 2025, l’Assemblée nationale a voté en faveur de l’élargissement de l’interdiction de la vente de ce gaz. Quelques mois plus tard, en mars, le Sénat a, lui aussi, voté un texte sanctionnant l’usage détournée du « proto » à un an de prison et 3 700 euros d’amende. Ces deux propositions de loi n’ont pas encore définitevement adoptées. Elles seront étudiés par les deux chambres du parlement en 2026.

Ce 16 janvier 2026, Marie-Pierre Vedrenne a également échangé avec la police nationale de la Haute-Vienne au commissariat de Limoges. Trois semaines plus tôt, les forces de l’ordre ont saisi 864 bouteilles de protoxyde d’azote dans un hangar de particulier, un nombre record.

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