Pour le réarmement de la France voulu par le chef des armées, la Direction générale de l’armement (DGA) est l’un des acteurs majeurs.
Aucun programme d’ampleur pour l’équipement des forces ne peut être lancé sans son feu vert.
À Toulon, premier port militaire d’Europe, DGA Techniques navales (DGA TN), l’expert de référence pour les navires de guerre et les drones navals, qu’ils soient de surface ou sous-marins, travaille encore et toujours à la modernisation de la Marine nationale.
Pour s’en convaincre, il suffisait d’assister jeudi à la traditionnelle cérémonie des vœux du directeur de l’établissement : l’ingénieur général de l’armement Nicolas Drogi.
À fond sur le porte-avions de nouvelle génération
Un exemple est tout particulièrement parlant : annoncé le 21 décembre dernier par Emmanuel Macron, alors en déplacement aux Émirats arabes unis, le lancement de la construction du porte-avions de nouvelle génération doit beaucoup à DGA TN.
« En ce qui concerne les programmes d’armement, DGA TN a largement contribué à la préparation de la décision prise par le président de la République en décembre dernier de lancer en réalisation le PA-NG », a rappelé Nicolas Drogi.
Avant de donner les précisions suivantes : « Nous étions présents en 2025 aux États-Unis pour les essais des catapultes magnétiques avec le Rafale. Nous avons aussi réalisé de nouveaux essais de manœuvrabilité sur maquette sur le lac de Castillon (Alpes-de-Haute-Provence) avec nos collègues de DGA Techniques hydrodynamiques ».
Et cela ne fait que commencer ! Ainsi, toujours selon son directeur, « en 2026, DGA TN sera à nouveau au cœur du programme, avec le lancement d’une étude de levée de risques pour définir l’architecture numérique du système de combat qui équipera le futur porte-avions (PA-Ng) ».
Par ailleurs, au cours du premier semestre, « une plateforme de développement sera installée sur le site du Mourillon (…) Elle permettra aux équipes DGA, Marine et industrielles de travailler en plateau et d’accroître l’agilité et la réactivité pour adapter les solutions au besoin de la Marine tout au long du développement », insiste-t-il.
Mais avant que le PA-Ng ne soit opérationnel, en principe en 2038, il convient de continuer à moderniser le porte-avions Charles-de-Gaulle qui fêtera cette année ses 25 ans de service.
Là encore, DGA TN est à la manœuvre. Ainsi, au printemps prochain, « nous débuterons les premières campagnes d’essais avec la plateforme d’intégration à terre sur la presqu’île de Saint-Mandrier pour préparer l’installation du radar Seafire à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle pendant son arrêt technique majeur en 2027 », a déclaré Nicolas Drogi.
Et comme un porte-avions ne se déplace jamais sans son escorte, DGA TN prépare aussi la rénovation à mi-vie des frégates de défense aérienne de la classe Horizon.
Son directeur confie : « Nous avons attaqué la construction d’une deuxième plateforme d’intégration à terre pour préparer la rénovation à mi-vie des frégates Horizon. Le nouveau radar de conduite de tir italien, qui remplacera l’actuel, a été installé sur le site d’expérimentation des systèmes de défense aérienne (SESDA) en décembre. Et le nouveau radar de veille, qui sera aussi intégré sur les frégates pendant leur rénovation à mi-vie, sera installé au SESDA courant 2027 ».
Sans oublier les sous-marins
Très présente au-dessus de la surface, DGA TN ne délaisse pas pour autant les profondeurs sous-marines.
Ainsi, outre le suivi des premiers essais à la mer du sous-marin nucléaire d’attaque De Grasse à partir du printemps 2026, « nous sommes désormais également pleinement mobilisés sur les travaux de conception et de réalisation du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de troisième génération. Nous avons d’ailleurs engagé une opération massive de mise à hauteur du site de Castillon, avec plusieurs millions d’euros d’investissement sur ce site où seront réalisés de nombreux essais au profit du programme », a encore précisé Nicolas Drogi.
Si l’activité de DGA TN s’annonce soutenue pour 2026, on ne peut pas néanmoins faire abstraction de la situation financière de la France et de l’absence de budget à l’heure où l’on parle.
Lors de ses vœux, Nicolas Drogi n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler les trois priorités fixées par Patrick Pailloux, le nouveau délégué général pour l’armement.
À savoir : « Optimiser les coûts des opérations d’armement ; aller plus vite en s’appuyant sur les nouvelles technologies pour doter plus rapidement les forces armées des capacités dont elles ont besoin ; enfin, imposer les choix de la DGA ».