Rassemblement au Centre international de conférence de Bamako, le 12 avril 2025, pour protester contre la destruction d’un drone malien par l’armée algérienne. Rassemblement au Centre international de conférence de Bamako, le 12 avril 2025, pour protester contre la destruction d’un drone malien par l’armée algérienne. AFP

Cette fois, la charge a été menée par Abdelmadjid Tebboune en personne. Le 30 décembre 2025, dans son discours à la nation devant les deux chambres du Parlement, le président algérien a déploré l’ingratitude dont feraient, à ses yeux, preuve ses voisins maliens.

« Même l’Etat qui est en train de nous insulter, leur ministre des affaires étrangères et leur premier ministre ont été formés à l’Ecole nationale d’administration [d’Alger]. Et c’est ainsi qu’ils nous récompensent », a-t-il déclaré. Des propos qui ont fait grincer des dents à Bamako et ravivé les tensions entre les deux pays, contribuant à la déstabilisation de l’aire sahélo-sahérienne.

Est-ce une coïncidence ? Les 9 et 15 janvier, des drones maliens ont ciblé la localité de Talhandak, située dans le nord du pays, à une quinzaine de kilomètres de la ville frontière de Tin Zaouatine, une zone majoritairement contrôlée par le Front de libération de l’Azawad (FLA), coalition de groupes indépendantistes à dominante touareg.

Les tirs n’ont causé que des dégâts matériels, mais ils contribuent à faire rebondir une crise de voisinage inédite dont l’origine remonte à décembre 2023. A l’époque, l’accueil à Alger de l’influent imam malien Mahmoud Dicko, opposant déclaré à la junte du général Assimi Goïta, avait fait office de détonateur.

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