Par

Mathias Souteyrat

Publié le

17 janv. 2026 à 6h42

Il est 11h45, ce jeudi 15 janvier, dans la rue bucolique et piétonne Georges Dupré, du quartier Saint-Jacques à Saint-Etienne, quand une dame âgée balaie énergiquement devant sa porte. Louise Belala, 77 ans, attend une dizaine de personnes pour l’anniversaire d’un client dans son restaurant. « On est dans le plus vieux commerce de Saint-Etienne », nous fait remarquer un invité, pas peu fier de venir manger dans cette institution stéphanoise.

Le restaurant se situe dans le quartier Saint-Jacques à Saint-Etienne.
Le restaurant se situe dans le quartier Saint-Jacques à Saint-Etienne. (©Mathias Souteyrat / actu.fr)La Friterie en 1973

Depuis 8 heures du matin, elle et son mari, Mohamed, âgé de 83 ans, préparent le couscous spécialement conçu pour l’occasion.

Le couple fait partie de l’histoire patrimoniale stéphanoise. Ils ont ouvert leur établissement nommé La Friterie en 1973, il y a plus de 50 ans, dans l’ancien hôtel « Le Romantique ».

Arrêter ? « On n’y pense pas » 

Mohamed, que les clients ont appelé pendant très longtemps Michel, est arrivé en France après la guerre d’Algérie, confie la fille du couple, présente derrière le comptoir pour donner un coup de main à ses parents.

Louise, elle, est originaire du Haut Lignon. Même si elle avoue qu’au fil des années « c’est de plus en plus dur », ils sont là. Arrêter ? « On n’y pense pas, mais on commence à réduire la voilure », concède la patronne.

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire
« Ce sont comme des paysans avec leur terre »

Louise est au four et au moulin. Elle va chercher le pain, prend les commandes, tire des pressions, sert les assiettes. Mohamed se fait plus discret en cuisine derrière la petite porte en vitrail.


Mohamed se fait plus discret en cuisine derrière la petite porte en vitraux. (© Mathias Souteyrat / actu.fr)

On rentre dans leur maison, on est chez eux. Ce sont comme des paysans avec leur terre. Ils arrêteront quand ils en auront envie. Cette vie sociale est importante pour eux.

La fille de Louise et Mohamed

À manger, des frites maisons mais aussi de la viande grillée ou du poulet au gingembre : 10 euros le plat du jour, 16 euros le menu.


Louise et Mohamed Belala ont ouvert le restaurant La Friterie en 1973, une institution historique, dans le centre-ville stéphanois.  (© Mathias Souteyrat / actu.fr)

Louise et Mohamed Belala ont ouvert le restaurant La Friterie en 1973, une institution historique, dans le centre-ville stéphanois.  (© Mathias Souteyrat / actu.fr)

Au-dessus des banquettes, les générations ont défilé, matérialisées par les photos qui longent la salle de restauration.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.