Ce 17 janvier, les associations contestataires (dont les UB 90) ont présenté leur plan d’action pour le match du 18 janvier opposant Strasbourg à Metz. Banderoles exposées à la presse pour anticiper une censure et informations sur le cortège, on vous explique ce qu’il va se passer demain.
« On est dans une séquence supplémentaire après ce qu’il s’est passé en septembre. » Alexandre, pour la Fédération des supporters, résume bien la relation entre la direction et les associations contestataires. Quatre mois après les sanctions prises contre la Pariser Section, le KCB, les UB 90 et la Fédération des supporters, la situation ne s’est pas vraiment améliorée.
Si Maxime, le porte-parole des UB 90, remercie le club pour les « trois réunions intéressantes » qu’ils ont pu avoir avec eux, rien n’a vraiment évolué : le Racing attend toujours des associations qu’elles arrêtent leur grève… Et les associations prennent ça pour du chantage, expliquant : « C’est pas en nous menaçant que le quart d’heure de silence va s’arrêter. »
Maxime et Alexandre. © Nicolas Kaspar / Pokaa
En parallèle, la situation du Racing a été grandement bouleversée ces dernières semaines, avec le départ de Liam Rosenior pour Chelsea. Le sujet de la multipropriété liant le Racing au club londonien est revenu sur le tapis, qu’il soit local et national. Il a notamment motivé les associations à mener de nouvelles actions, en amont du match face à Metz ce 18 janvier.
Il y aura déjà un cortège, avec un rendez-vous donné à 13h au local de la Fédération des supporters. Il partira aux alentours de 13h30 en direction du stade, et réunira « les personnes sensibles à l’institution du Racing et celles qui veulent la protéger », selon Maxime.
Trois banderoles exposées, pour prévenir une éventuelle censure à la Meinau
Pour la presse présente ce 17 janvier, les différentes associations de supporters/rices ont en premier lieu dévoilé les trois banderoles qui seront déroulées lors du match contre Metz. Ceci, afin de prévenir une potentielle censure une fois arrivées à la Meinau, comme cela peut être le cas depuis le durcissement des sanctions contre les associations contestataires. Dans le détail :
- La première : « Dans ce conflit, qui fragilise vraiment l’institution ? »
- La deuxième : « Le voile du côté obscur est tombé : en multipropriété, le Racing ne sera jamais la priorité. »
- La troisième : « Plutôt un Racing modeste mais debout qu’un Racing ‘riche’ à genoux. »
© Nicolas Kaspar / Pokaa
Trois banderoles qui résument finalement assez bien le conflit, opposant les associations contestataires et les personnes contre la multipropriété d’un côté, et de l’autre la direction et celles et ceux qui sont davantage pour le « nouveau Racing » ou contre les associations.
On a celles et ceux qui se concentrent sur le résultat contre celles et ceux qui préfèrent les valeurs. Celles et ceux qui voient le placement du Racing dans la hiérarchie verticale avec Chelsea comme un modèle pour simplement « nourrir » le club anglais. Celles et ceux qui pensent que cela fait bénéficier le club de joueurs qu’il n’aurait jamais pu avoir avant. Une différence de conception du football, et un fossé qui se creuse toujours plus.
© Nicolas Kaspar / Pokaa
Porter le combat contre la multipropriété et BlueCo plus haut
Enfin, la volonté des associations contestataires est désormais « d’interpeller au-delà du sujet stricto sensu du Racing », selon Alexandre. Il explique que le sujet devrait intéresser les collectivités locales, qui ont financé le stade à grands frais, mais également les instances nationales du football.
Pour les collectivités, le sujet est encore en réflexion. Néanmoins, Alexandre estime qu’il y a « comme une chape de plomb en local sur le sujet : le financement a été annoncé juste avant la vente, et la synchronicité interpelle puisque c’est énormément d’argent et un équipement structurant, avec de l’argent public investi qui profite aujourd’hui à un fonds d’investissement. » Il espère que la campagne électorale des municipales fera que des partis se positionneront dessus.
Strasbourg est le cheval de Troie de la multipropriété.
Alexandre, de la Fédération des supporters
Sur le sujet des instances nationales, les associations prévoient une lettre ouverte aux instances du football français. Alors que Lorient et Annecy (Ligue 2) sont également entrés dans une multipropriété avec des clubs anglais, c’est la souveraineté du modèle sportif français qui est en jeu selon Alexandre : « Si, à terme, tous les clubs français sont satellisés, que devient le championnat de France, encore sous le régime de l’État ? Contre Metz, c’est un jour de derby, mais pour qu’il puisse encore y avoir un derby, il faut lutter contre la multipropriété : deux équipes B de clubs anglais ça a pas la même saveur. »
Estimant que « BlueCo a montré qu’il pouvait utiliser le Racing comme réserve salariale non contrôlée par les instances anglaises » et que « la multipropriété au Racing est une belle caricature de ce qui peut arriver », Alexandre redoute que « ce qui se passe au Racing puisse se passer dans beaucoup d’autres clubs ». Un scénario qui l’inquiète, alors que Maxime conclut : « Il n’y a pas que le sportif qui nous intéresse quand on est fan du Racing. »
© Nicolas Kaspar / Pokaa