Chonique de Jacques Plaine

Christophe Maillot – JFK et la France, Une histoire contrariée – Les 3 Colonnes – 19,50€

 

Directeur général des Services du Département, Christophe Maillot est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la Présidence américaine. « JFK et la France » est son quatrième ouvrage.

 

JFK le plus français des Présidents américains, non parce que son épouse d’origine française – de Pont-Saint-Esprit exactement – vécut à Paris, fréquenta Les Deux Magot, Le Flore et La Rotonde, fit du cheval au château de Courances et lut assidûment Saint-Simon, Stendhal, Baudelaire, Sartre et George Sand. Non plus parce que son frère, en octobre 44, explosa en vol dans une forteresse volante au dessus du Pas-de-Calais, mais parce que lui-même, lorsqu’il avait vingt ans, parcourut la France du Havre à la Côte d’Azur en passant par Tours, Biarritz et bien entendu Paris. Un voyage suggéré par son père, Ambassadeur des Etats-Unis à Londres. Un très riche papa impatient de préparer son fils à atterrir dans le bureau ovale. 

 

Le 8 novembre 1960, John F. Kennedy sera donc élu à la Présidence des Etats-Unis – merci papa – et choisira la France pour son premier voyage outre-Atlantique. « De Gaulle, si susceptible, si attaché aux marques de respect, si intransigeant sur l’image de son pays et sa place sur l’échiquier international, ne pouvait qu’être sensible au geste d’un Président américain décidant, dès le début de son mandat, de venir en France. » Dîner aux chandelles au Château de Versailles « Je suis l’homme qui a accompagné Jacqueline Kennedy à Paris, et j’ai adoré ça.» C’était parti sur les chapeaux de roues dirait Christophe Maillot – inconditionnel des expressions favorites de nos grands-mères – sauf que la suite sera moins glamour, plus proche du divorce que de « Embrassons-nous, Folleville. »

 

« Les colonies sont comme les fruits, qui ne s’accrochent à l’arbre que jusqu’à ce qu’ils mûrissent » avait en son temps écrit Turgot. Une citation qu’à l’heure du conflit algéro-français JFK balancera allégrement dans le jardin de la France. Suivra la mise à feu d’autres sujets qui ne demandaient qu’à s’enflammer, l’OTAN, la décolonisation, l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun, l’Asie du Sud-Est et bien entendu la bombe. La bombe atomique et sa possession sans conditions si chère au Général. 

 

Un « Je t’aime, moi non plus » sera donc la musique récurrente des relations diplomatiques du jeune loup et du vieux lion. Avec une collection de sourires de politesse, pincés, de façade voire diplomatiques ou de connivence, en attendant l’exposition organisée en ce mois de décembre 1962 à la National Gallery de Washington par la Première Dame et Malraux. Avec un autre sourire, celui de la Joconde bien entendu.