Depuis l’incendie meurtrier du Constellation à Crans-Montana,
qui a coûté la vie à 40 personnes dans la nuit du
réveillon 2025, les témoignages se multiplient.
Ils dessinent le portrait troublant de la gestion de
l’établissement. Au-delà des soupçons judiciaires qui visent
aujourd’hui ses
propriétaires, Jacques et Jessica Moretti, certaines
révélations jettent une lumière crue sur les méthodes
internes du bar.
Dans un long reportage publié par
Libération, le quotidien revient sur
‘‘l’énigmatique ascension des Moretti’’. Train de vie
luxueux, rumeurs persistantes autour de leur passé et un malaise
profond qui s’est installé dans cette station huppée du Valais.
Parmi les éléments qui cristallisent la colère locale : la
parole d’anciens employés ou candidats à l’embauche, longtemps
étouffée par une forme d’omerta.
Constellation : une gestion décrite comme anxiogène par
d’anciens témoins
À Crans-Montana, rares sont ceux qui acceptent de parler à
visage découvert comme
l’ancien gérant du Constellation. ‘‘Tout le monde
les connaît mais personne ne voudra vous parler
d’eux.’’ glisse une restauratrice à
Libération. Pourtant, certains témoignages concordent et
décrivent un climat de travail oppressant. Jonathan, résident de la
station, raconte ainsi une expérience qui l’a profondément
marqué.
Reçu en entretien par Jessica Moretti, il évoque un échange
qu’il qualifie encore de ‘‘choquant’’. ‘‘Elle
m’a signalé que les salariés n’étaient plus payés après
minuit.’’ confie-t-il au quotidien. Ce dernier est
encore exaspéré par cette précision lâchée sans détour. Une
première alerte rapidement suivie d’une autre mise en garde bien
plus inquiétante.

‘‘Les employés étaient sans cesse
filmés et surveillés’’ : des conditions spéciales avant
l’incendie en Suisse
Selon Jonathan, la patronne aurait insisté sur un système de
contrôle permanent. ‘‘Selon elle, les employés étaient
sans cesse filmés et surveillés.’’ raconte-t-il dans
Libération. Une déclaration qui fait écho à d’autres
récits recueillis par le journal. Sabrina, vendeuse dans la station
et proche d’une ancienne employée du Constellation,
confirme cette atmosphère pesante. ‘‘Il suffisait qu’elle me
parle cinq minutes et Jacques lui envoyait un SMS pour lui
dire de se remettre au boulot.’’
Ces pratiques supposées ne seraient pas restées sans suite.
D’après Libération, et selon des informations du quotidien
24 Heures, l’inspection du travail valaisanne aurait été
saisie de
plaintes concernant le Constellation et le Senso, un autre
établissement du couple. L’objectif ? Dénoncer des
‘‘heures de travail non respectées’’ et
du ‘‘travail de nuit pas payé’’. À ce
stade, ‘‘on ignore encore si la procédure a abouti.’’
Alors que les enquêtes suisses et européennes se poursuivent
pour établir les responsabilités exactes dans le drame du
réveillon, ces récits alimentent une même interrogation au sein de
la population. Celle d’un sentiment d’impunité et d’une logique
purement mercantile. Une habitante citée par Libération, la voix
tremblante, fait un bilan choc. ‘‘Les enfants n’ont
rien vu venir, on les a laissés mourir
là-dedans.’’