l’essentiel
Situation insolite à la barre. Un homme poursuivi pour avoir poignardé une victime sur les Quais de Garonne n’a plus aucun souvenir des faits après un très grave accident de la route. Amnésique.
Le 4 mai 2024, vers 22 heures, les pompiers alertent la police. Sur les quais de la Daurade, à Toulouse, un homme vient d’être poignardé à deux reprises au niveau du thorax. La victime, grièvement blessée, est évacuée vers les urgences. Quinze jours d’incapacité légale seront retenus.
Un témoin décrit un groupe agité, « des cris en arabe », puis un homme qui « sort un Opinel et plante la victime ». Les caméras de vidéoprotection suivent la fuite de deux individus jusqu’à un restaurant de tacos. Le gérant se souvient : « L’un d’eux avait du sang sur les mains, il a demandé des serviettes ». L’ADN retrouvé sur place correspond à celui du prévenu.
Lourdes séquelles neurologiques
« Depuis mon accident, c’est compliqué pour moi. Je n’ai aucun souvenir de tout ça », déclare ce jeune homme de 28 ans d’une voix hésitante. L’accident, survenu en octobre 2024, a coûté la vie à son passager et laissé au prévenu de lourdes séquelles neurologiques. La victime, elle, n’a rien oublié : « Ils ont voulu draguer ma copine. L’altercation est partie de là ».
« Une agression malheureuse, presque banale sur les bords de la Garonne, mais avec la particularité de l’amnésie du prévenu », note Me Clément Rouget, avocat de la partie civile. Il demande une provision de 2 000 € sur intérêts civils.
« Des coups portés sur des zones vitales »
Le parquet souligne « l’absence de tout doute sur la culpabilité » et rappelle que « les coups ont été portés sur des zones vitales ». Un an de prison sous bracelet électronique est requis. Et interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.
Sur le banc de la défense, Me Brice Zanin explique. « Je crois qu’il aurait été plus simple pour lui de dire qu’il a eu peur, qu’ils étaient quatre et qu’il regrette. Malheureusement, il ne se souvient plus et se reconstruit petit à petit ». Le tribunal l’a finalement condamné, en suivant à la lettre les réquisitions.