Élèves et salariés de l’école Airways Aviation (ex-Esma), située sur le site de Fréjorgues près de l’aéroport de Montpellier, ont appris vendredi 16 janvier la mise en liquidation judiciaire de l’établissement. Celui-ci avait subi un lourd préjudice en mai 2025 avec l’incendie criminel de plusieurs de ses avions.

Selon nos informations, confirmées hier par plusieurs sources, l’école Airways Aviation (ex-Esma), implantée sur le site de Fréjorgues près de Montpellier, a été placée en liquidation judiciaire vendredi 16 janvier, par le tribunal de commerce de Montpellier. La décision, qui sera définitivement actée dans une semaine, a été annoncée vendredi après-midi aux élèves et aux salariés.

Cette issue plonge une centaine de jeunes en formation dans l’inquiétude quant aux importantes sommes qu’ils ont engagées pour financer leur cursus, s’agissant en particulier des apprentis pilotes. « 10 000 euros au minimum, mais en moyenne 70 000 à 80 000 euros », indique Ludwig Jammes, un Lozérien qui doit encore réaliser 2 heures de vol pour valider une phase de son parcours. L’école a reçu l’autorisation de poursuivre son activité jusqu’à jeudi prochain, afin de permettre à quelques élèves de valider un module ou leur formation complète.

« Je compte aller voir le défenseur des droits »

« La première chose que j’ai faite est d’appeler ma banque pour sécuriser l’argent que je n’avais pas encore versé, et éviter que l’école ne le prélève », explique Ludwig. « La semaine prochaine, je finirai les heures qui me manquent, je récupérerai mon livret de progression, puis je remonterai en Lozère pour chercher d’autres écoles. Je compte aussi aller voir le défenseur des droits ».

Face à cette annonce, le personnel pédagogique se tient au côté des élèves. « Notre première préoccupation, ce sont eux. On les a accompagnés toute la journée d’hier (vendredi, NDLR). De retour du tribunal, une réunion a été fixée à 16h, nous avons terminé à 21 h », explique Sandrine Pisciotta, représentante du personnel et responsable administrative de la formation des pilotes. « Les pertes financières sont tellement énormes qu’on ne peut que les accompagner. On essaiera jusqu’au bout de leur trouver une solution ».

L’équipe pédagogique submergée d’appels

Laurence Briqué-Sauveterre, responsable pédagogique des stewards et hôtesses, est tout aussi mobilisée face à une situation qui prend tout le monde de court (lire encadré). Hier, elle était submergée d’appels de la part des jeunes et de leurs familles, alors que de nouveaux élèves devaient faire leur rentrée ce lundi. « Je les ai informés par mail de la décision du tribunal. Nous n’avons pas d’infos sur les procédures de remboursement. Il faut gérer le côté humain ».

Ce samedi, le désarroi était aussi du côté des salariés. « Je suis triste. C’est la fin d’une ère et d’une école qui a participé au rayonnement de la région », confie Meriem Ouzani, ex-hôtesse de l’air formée à l’Esma et revenue en tant que formatrice. « J’ai été chef de cabine chez Emirates avant de revenir à Montpellier, après mon expatriation. J’ai rendu à l’école ce qu’elle m’a apporté ». Meriem se souvient des précédentes difficultés qu’a traversées cette école. « J’ai été formée à l’époque d’Air Littoral, dont j’ai connu la faillite. Quand je suis revenue à Montpellier en 2019, je me suis inscrite à l’Esma pour repasser mes licences. C’était pendant son redressement judiciaire. J’ai eu la chance que pendant ma formation, un repreneur se présente, avec Airways Aviation ».

Un préjudice de « plus de 3 millions d’euros »

En mai 2025, Airways Aviation avait subi un lourd préjudice financier avec l’incendie criminel qui avait touché treize de ses appareils stationnés à l’extérieur. Au lendemain des faits, le procureur de la République évaluait les pertes à « plus de 3 millions d’euros. » Dans un entretien accordé à Midi Libre en septembre dernier, le président du groupe Airways Aviation, Mauro Calvano, parlait d’une « attaque sans précédent dans l’aviation civile », déplorant « des dommages économiques, mais aussi sociaux et vis-à-vis de l’image de notre groupe » (*). Parmi les conséquences de cet incendie, M. Calvano citait notamment « une rupture de contrat de la part d’un grand acteur international dans la vente de simulateurs », ainsi que l’annulation d’une formation que devait réaliser, sur le site, la compagnie Etihad Airways.

(*) Nous avons tenté de joindre la direction, ce samedi 17 janvier. Celle-ci pourrait s’exprimer la semaine prochaine.