Par
Rédaction Lyon
Publié le
18 janv. 2026 à 6h22
Dans l’attente de son procès, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon a maintenu en détention ce jeudi 15 janvier 2026 un homme accusé d’avoir participé à la « torture » diffusée en direct sur TikTok d’un sexagénaire retrouvé mort dans un appartement à Lyon (Rhône) en février 2023.
Le 3 février 2023 en fin d’après-midi, la plateforme gouvernementale Pharos avait été alertée par le réseau social TikTok qu’une personne était « victime d’actes de sévices physiques diffusés en direct ».
Des « actes de sévices physiques diffusés en direct »
Les images du « live » de cet internaute permettaient de distinguer un « corps au sol », « dénudé », avec « un objet dans l’anus ». Le « réalisateur », qui semblait alcoolisé, tenait des « propos insultants » et assénait des « coups de pieds » à la victime, tout en réclamant « 200.000 € ».
Les investigations rapides des forces de l’ordre avaient permis de cibler une ligne téléphonique et avaient conduit à l’identification d’Artag X., un Arménien de 39 ans.
Un meurtre accompagné d’actes de barbarie
Dans un appartement situé quai Perrache, à proximité de la place Carnot, dans le 2ᵉ arrondissement de Lyon, les policiers avaient finalement retrouvé le corps sans vie d’un homme de 65 ans.
« Couvert d’urine », son corps présentait « de nombreuses lésions internes et externes » et un « manche de poêle de 20 cm était enfoncé dans son anus », avait-il été rapporté lors de l’audience du jeudi 8 janvier 2026.
Dans la foulée, une information judiciaire avait donc été ouverte pour « meurtre précédé ou accompagné d’actes de torture ou de barbarie ». Artag X., lui, avait été placé en garde-à-vue le 9 février 2023.
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Le suspect nie en bloc
Il avait alors nié toute responsabilité dans le drame, assurant avoir simplement « rejoint des amis dans un appartement ». Selon ses déclarations, il n’avait d’ailleurs donné « aucun coup » à la victime, qu’il « ne connaissait pas ».
Tout au plus, il l’avait « poussée du pied pour qu’elle remonte son pantalon et se rhabille ». Quant à la diffusion en direct sur TikTok, Artag X. n’avait « pas fait exprès de filmer », il aurait « juste voulu regarder l’heure sur son téléphone ».
Pourtant, le second homme interpellé dans ce dossier « l’incrimine » et assure « que c’est lui qui a roué de coups la victime et qui lui a uriné dessus ».
Les analyses ADN contredisent sa version
Reste que l’ADN d’Artag X. « a été retrouvé sur la victime », a rappelé l’avocat général, qui a sollicité que la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon ordonne la prolongation de sa détention dans l’attente de son procès. Et réciproquement, « de l’ADN de la victime a été retrouvé sur ses vêtements », ce qui « ne correspond pas aux seuls coups de pieds décrits » par le principal intéressé.
« Sa remise en liberté présente un risque pour la sécurité des personnes », a donc considéré le représentant du parquet général, car « l’expertise psychiatrique avait relevé une tendance au passage à l’acte ». Il avait d’ailleurs regretté « un positionnement de dénégation » et « l’absence de toute prise de conscience ».
Mais pour l’avocate d’Artag X., il n’y a « ni risque de renouvellement des faits, ni risque de fuite » : l’homme est « en concubinage » et « vit au domicile de sa mère », à Villeurbanne.
Quant à la diffusion sur TikTok, « elle date d’il y a trois ans, aucun trouble à l’ordre public ne demeure ». Un argument qui n’a pas convaincu la cour, qui s’est rangée à l’avis du parquet général.
MJ et CB (PressPepper)
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