Par
Nicolas Stival
Publié le
18 janv. 2026 à 12h08
Il revendique jusqu’à un million de vues par semaine sur sa page Facebook « Tolosa Archives », lancée à l’été 2025. Un Toulousain de 33 ans fait revivre le passé de la Ville rose grâce à des photos authentiques qu’il colorise et à d’étonnantes vidéos produites via l’intelligence artificielle. Le trentenaire lance aujourd’hui un appel aux internautes afin de moderniser son matériel et de pérenniser son contenu. Ce qu’il faut savoir.
Une image du Capitole avec son ancienne façade blanche. Un cliché de la splendide halle métallique du marché des Carmes avant sa destruction en 1962. Un film de la crue meurtrière du 23 juin 1875 comme si vous y étiez. Toutes ces œuvres se retrouvent sur la page Facebook « Tolosa Archives », née le 14 août 2025 et suivie aujourd’hui par 22 000 internautes.
Un autodidacte passionné d’Histoire
Désireux de mettre en avant ses réalisations plutôt que son identité, le très actif créateur de contenus se dissimule sous le pseudonyme d’Hugo.
Coach sportif trentenaire, le jeune Toulousain n’a pas suivi d’études d’histoire à l’université Jean-Jaurès. Mais en quelques mois, l’autodidacte passionné a réuni bien plus de monde que n’importe quel professeur durant toute une carrière dans l’amphithéâtre de sa faculté. « Depuis début janvier par exemple, j’ai compilé trois millions de vues, indique Hugo. Une bonne semaine, je fais un million de vues. »
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Des montages vidéo avec l’IA Grok
« Tolosa Archives » est alimenté presque chaque jour avec des contenus très différents, mais élaborés en suivant une recette similaire. « J’ai toujours été intéressé par le passé de ma ville, et j’avais envie de redonner vie à des photos très anciennes pas forcément connues, soit en les colorisant, soit en les transformant en vidéos, avec l’intelligence artificielle. »
La démarche se répète, jour après jour. Hugo commence par identifier un sujet, « au feeling ». Puis il recherche une photo libre de droits sur Google, plus rarement dans l’épais catalogue des Archives municipales. Écrit le texte accompagnant la photo qu’il colorise et « améliore », avant de réaliser un montage grâce à Grok.
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Un public parfaitement identifié
Cette IA, « très performante » selon le Toulousain, a été développée par les équipes d’Elon Musk. Elle est omniprésente sur le réseau social X (ex-Twitter), propriété de l’ancien ami de Donald Trump. « Chaque vidéo me prend au moins trois heures. »
Le résultat déconcerte parfois certains internautes. « Je reçois quelques commentaires opposés à l’intelligence artificielle, mais la grande majorité des gens aiment mes vidéos. » Hugo a parfaitement analysé son public : « 95 % de personnes de l’agglomération toulousaine, âgés de 40 ans ou plus, qui viennent de tous les milieux ».
Les internautes partagent leurs souvenirs
Il joue volontiers sur la fibre nostalgique, comme l’illustre le choix de la devise affichée tout en haut de sa page Facebook : « sauver le Toulouse que l’on perd chaque jour ». Et la recette fonctionne parfaitement sur un réseau social fréquenté massivement par des internautes d’âge mûr.
Dans les commentaires de la publication, les sexagénaires ou septuagénaires accueillent avec émotion la reconstitution de l’incendie du grand magasin « Le Printemps » le 11 mars 1964 au cœur de la rue Alsace-Lorraine, à l’emplacement de l’actuelle enseigne Zara. Les images des bus de la Semvat (ancêtre de Tisséo) font quant à elles revivre les souvenirs des collégiens ou lycéens des années 1970 et 1980.
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Une cagnotte mise en ligne
« Mes publications qui ont le mieux marché sont une photo des bars de la place Saint-Pierre, avec 616 000 vues, et une vidéo sur les portes antiques de Tolosa, avec 315 000 vues en quatre jours », dévoile Hugo, qui vient de lancer un compte Instagram et un autre sur le site de financement participatif Patreon. Une cagnotte est également en ligne sur Leetchi.
Lassitude et matériel inadapté
Cette recherche de fonds s’accompagne d’une lassitude certaine, perceptible dans les derniers messages postés sur Facebook. « J’aimerais vraiment pouvoir acheter du matériel professionnel, afin de faire de ce travail une activité pérenne, témoigne Hugo. Je souhaiterais acheter un ordinateur. Pour l’instant, je fais tout sur un téléphone. Faute de mémoire disponible, je ne peux rien stocker et mes vidéos restent limitées à 2 ou 3 minutes. »
Devoir arrêter de raconter à sa manière l’histoire de Toulouse par manque de mémoire, ce serait tout de même un comble.
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