Lever le pouce au bord de la route ce n’est pas nouveau. Plusieurs collectivités en Bretagne favorisent d’ailleurs l’auto-stop organisé pour soutenir des solutions supplémentaires afin d’aider aux déplacements sur leurs territoires. Dans le centre-bourg du Verger, à côté de l’église on ne peut pas le manquer. Un panneau carré avec le mot « Stop je vais à Monterfil ». Une signalétique, aux allures de celle des zones de covoiturage, réservée ici à l’auto-stop. L’idée est ainsi d’aider à son organisation avec cinq autres communes alentour pour faciliter les trajets quotidiens de personnes sans solution de mobilité et aussi vers des zones non desservies. « Pour aller à Rennes on a le bus. Le dimanche ils sont plus rares et quand on les loupe il faut attendre. Mais notre bassin de vie ne s’étend pas que sur Rennes Métropole » explique Delphine Delcambre conseillère municipale en charge de la commission citoyenne environnement. L’idée qui a pris forme au sein de cette commission il y a deux ans a finalement été mise en place au début de l’année 2026 avec l’appuie des communes du Verger, Monterfil, Mordelles et Rennes Métropole.

Sur la commune de 1 400 habitants trois arrêts sont installés avec des directions différentes.Sur la commune de 1 400 habitants trois arrêts sont installés avec des directions différentes. (Le Télégramme/Erwan Miloux)« Une mobilité solidaire »

Sur la commune de 1 400 habitants trois arrêts sont installés avec des directions différentes : vers Monterfil, vers Talensac, Montfort-sur-Meu et vers Mordelles, Bréal-sous-Montfort. Ici pas d’application, ou d’inscription, la pratique reste libre et spontanée. « Concrètement ça reste du stop mais on se place à la hauteur du panneau de la destination que l’on a choisi. C’est un point de rencontre sécurisé pour l’arrêt des voitures et rassurant pour les stoppeurs et les conducteurs » souligne Herve Martin membre de la commission citoyenne environnement. Pour les retours il existe de même trois panneaux à Mordelles et un à Monterfil pour la destination Le Verger. « C’est le moyen de développer une mobilité solidaire, d’entraide, de créer du lien entre les gens. L’idée c’est aussi de partager plus les trajets communs et de mettre ainsi moins de voitures sur les routes » note sa collègue.

« Développer le réseau »

Pour l’heure ce dispositif qui s’inspire de ce qui se fait déjà dans d’autres villes reste « expérimental » et n’est pas encore connu de tous. Un QR code affiché à chaque emplacement permet aux personnes de donner des informations sur l’utilisation qu’ils en font. « C’est un moyen d’avoir un retour d’expérience des gens pour co-construire le système. L’idée est aussi de comptabiliser les utilisateurs et permettre d’aller démarcher d’autres communes pour monter qu’il existe une demande et développer le réseau » détaille la conseillère municipale. Même si d’autres communes alentour développent également ce type de démarche, l’idée pourrait être à terme de mutualiser les initiatives pour donner plus d’efficacité à cette solution de déplacement en milieu rural.