
Un drone d’attaque russe Geran-2 (photo d’archive): les nouveaux modèles devraient avoir une portée d’environ 1000 kilomètres.Image: Imago
Le Kremlin continue à développer ses drones de combat. De nouveaux modèles et armements pourraient poser des défis supplémentaires à la défense aérienne ukrainienne.
19.01.2026, 07:0919.01.2026, 07:09
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La Russie perfectionne et modernise ses drones de combat. C’est ce qui ressort des informations fournies par les services de renseignement militaire ukrainiens (HUR) et des analyses d’experts occidentaux.
Au début de la guerre en 2022, Moscou disposait d’environ 150 à 200 appareils iraniens de type Shahed-136 par mois. La Russie a ensuite commencé à produire en série ses propres répliques, les Geran. Ils attaquent régulièrement les villes ukrainiennes en grands essaims et ils sont principalement employés contre les infrastructures civiles.
Une pluie de drones
En 2025, la Russie aurait lancé près de 55 000 drones Shahed et leurs variantes, selon Yasir Atalan. Il est analyste pour le groupe de réflexion américain CSIS et a décortiqué les informations de l’armée de l’air ukrainienne.
Bien que celle-ci parvienne à intercepter une partie de ces engins relativement lents, Moscou travaille à la mise au point de modèles plus rapides et plus difficiles à combattre.
Modèles plus rapides et nouveaux armements
Outre le Geran-2 à hélice, le Kremlin utilise désormais le Geran-3. Il serait équipé d’un turboréacteur et atteindrait des vitesses nettement plus élevées. Au début de l’année, une autre variante a fait son apparition. Le HUR la désigne sous le nom de Geran-5.
Selon l’armée ukrainienne, cet engin mesure environ six mètres de long et son réacteur est plus puissant encore. On estime son rayon d’action à environ 1000 kilomètres et sa tête explosive pèserait jusqu’à 90 kilos. Contrairement aux versions précédentes, il ressemble davantage, selon HUR, au drone iranien Karrar qu’aux développements russes connus.
Le Kremlin étudierait aussi de nouveaux concepts d’utilisation pour ce drone. Il envisagerait ainsi de le lancer à partir d’avions de type Soukhoï Su-25 pour augmenter encore sa portée. Et chercherait à armer l’engin avec des missiles air-air de courte portée.

Une image des dégâts causés à un hôpital militaire après l’une des six frappes meurtrières menées par le drone Geran à Kharkiv, le 29 mars 2025.Image: Imago
Des tests auraient par ailleurs démarré sur le Geran-2 avec des missiles à courte portée R-60. Selon les experts ukrainiens, ces drones pourraient cibler les hélicoptères et les avions de la défense ennemie.
Des essaims de drones connectés
De plus, Moscou semble vouloir améliorer la connectivité de ses drones. Selon Fabian Hinz, analyste à l’International Institute for Strategic Studies, on a retrouvé des débris de Geran équipés de modems et d’antennes pour les réseaux mesh.
Dans ce réseau «maillé», comme on l’appelle encore, les drones pourraient se transmettre des commandes de contrôle et des données d’images. La Russie contrôlerait alors à distance des appareils sur de longues distances et pourrait les utiliser de manière plus flexible contre des cibles mobiles.
On pourrait ainsi directement contrôler ces armes, qui se limitaient jusqu’à présent principalement à des itinéraires préprogrammés. Selon les experts, elles pourraient voler plus longtemps au-dessus des zones cibles à l’avenir. Et attaquer des objets en mouvements, tels que des trains.
(Traduit de l’allemand par Valentine Zenker)
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