À 85 ans, certains seniors refont le monde autour d’un café, se
souviennent de chaque anniversaire et apprennent encore à utiliser
la dernière application de messagerie. D’autres, parfois bien plus
jeunes, peinent à suivre une conversation ou à retrouver un mot
simple. Entre ces deux scénarios, il n’y a pas qu’une question de
chance ou de gènes.
Les spécialistes de la santé mentale rappellent que le mode de
vie pèse lourd sur notre clarté d’esprit. « La souffrance psychique
peut découler de multiples causes, allant du contexte
socio-économique aux événements de la vie, en passant par
l’environnement social et professionnel. Être capable d’identifier
son mal-être psychique est une étape clé pour trouver des solutions
et progresser vers un mieux-être », affirme la plateforme « Parlons
Santé Mentale ». La bonne nouvelle, c’est qu’une partie de ces
solutions ressemble à de simples habitudes quotidiennes. Et ces
gestes n’ont souvent rien d’extraordinaire.
Habitudes de vie : ce que font différemment les esprits vifs à
80 ans
Poursuivre des apprentissages tout au long de la vie est l’une
des constantes observées chez ceux qui restent mentalement
alertes après 80 ans. Nouvelle langue, instrument, atelier
informatique stimulent la neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité
du cerveau à créer de nouveaux circuits. Même principe pour
l’activité physique régulière : marche, jardinage ou danse
augmentent l’afflux de sang au cerveau et soutiennent mémoire et
attention.
Leur assiette joue aussi un rôle. Une alimentation proche du
régime méditerranéen ou MIND – riche en poissons, légumes, fruits
rouges, noix et huile d’olive – nourrit les neurones et limite le
déclin cognitif. À l’inverse, l’alcool perturbe le sommeil profond
et le sommeil paradoxal, dérègle la glycémie et favorise ce fameux
brouillard mental du lendemain, alors que réduire durablement sa
consommation diminue les réveils en sursaut vers 3 heures et rend
le matin bien plus clair.
Liens, curiosité et routines souples : la gym invisible du
cerveau
Autre point commun frappant : ces seniors entretiennent des
liens sociaux variés. Un café régulier avec des amis, un club de
lecture, une association de quartier ou des échanges
intergénérationnels limitent la solitude chronique, qui double le
risque de dépression. Les conversations, les débats et même les
désaccords obligent le cerveau à rester en alerte, bien plus qu’une
soirée seule devant les écrans.
Ils gardent aussi un rôle et une direction : bénévolat, aide aux
devoirs, engagement local donnent une raison de se lever et de
planifier. Leur journée s’organise autour de routines stables –
horaires, repas, marche quotidienne – mais ils acceptent volontiers
un nouvel itinéraire, un restaurant inconnu, une technologie à
apprivoiser. Cette flexibilité protège de la rigidité mentale,
quand des moments de pleine conscience ou de simple respiration
aident à apaiser le système nerveux.
Les 10 habitudes à adopter pour rester
mentalement alerte longtemps
Concrètement, les personnes qui restent mentalement
alertes jusqu’à 80 ans et plus cumulent souvent ces dix
réflexes, que l’on peut transformer en micro-habitudes réalistes
:
- Apprendre régulièrement quelque chose.
- Entretenir des liens avec les autres.
- Marcher ou bouger tous les jours.
- Garder une routine souple.
- Protéger son sommeil nocturne.
- Pratiquer pleine conscience ou prière.
- Se donner un rôle utile.
- Apaiser le stress avec autocompassion.
- Manger façon régime méditerranéen.
- Rester curieux des idées nouvelles.