Le gouvernement britannique a annoncé lundi étudier une série de mesures pour mieux protéger les enfants en ligne, dont une possible interdiction des réseaux sociaux.

Londres va-t-il emboîter le pas à Canberra ? Le Royaume-Uni a annoncé ce lundi envisager une interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, à l’image de l’Australie, devenue en décembre dernier le premier pays au monde à bannir ces plateformes aux moins de 16 ans. Le gouvernement britannique entend notamment examiner les données et les expériences disponibles à travers le monde pour évaluer l’efficacité d’une telle mesure et, le cas échéant, déterminer les modalités de sa mise en œuvre.

Si aucun seuil d’âge n’a été précisé, Londres explore également d’autres pistes : un renforcement des contrôles d’âge en ligne, un abaissement de l’âge du consentement numérique ou encore un encadrement plus strict de l’usage des téléphones portables dans les établissements scolaires.


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L’IA, nouveau facteur d’inquiétude

Ces annonces interviennent alors que les gouvernements du monde entier s’alarment des risques liés à l’exposition des enfants aux réseaux sociaux et de l’impact du temps d’écran sur leur développement et leur santé mentale. L’explosion récente des contenus générés par intelligence artificielle (IA) a exacerbé ces préoccupations, comme l’a illustré ce mois-ci le tollé provoqué par le chatbot Grok d’Elon Musk, accusé de produire des images sexuelles non consenties, y compris de mineurs.

Le réseau X prend des mesures pour empêcher l’IA Grok de «déshabiller» des personnes réelles

Le gouvernement britannique a d’ores et déjà présenté des plans visant à interdire les outils d’IA permettant de «déshabiller» des images, tout en éduquant les enfants à ne pas prendre, ni partager ni consulter des images de nudité sur leurs appareils, a-t-il indiqué dans son communiqué de lundi.

Le gouvernement a également déclaré envisager de supprimer ou de limiter certaines fonctionnalités susceptibles d’encourager une utilisation addictive ou compulsive des réseaux sociaux, comme le défilement infini.

Un arsenal législatif déjà renforcé

Le Royaume-Uni dispose déjà de l’un des cadres réglementaires les plus stricts en matière de sécurité en ligne. L’Online Safety Act, récemment entré en vigueur, a permis de faire passer la proportion d’enfants confrontés à des vérifications d’âge de 30% à 47%, tout en réduisant d’un tiers leurs visites sur les sites pornographiques, selon le gouvernement. «Ces lois n’ont jamais été conçues comme un aboutissement et nous savons que les parents nourrissent encore de sérieuses inquiétudes», a déclaré Liz Kendall, ministre de la Technologie. «C’est pourquoi je suis prête à aller plus loin.»