Par
Maxime Ponsot
Publié le
20 janv. 2026 à 8h52
; mis à jour le 20 janv. 2026 à 9h00
Pas du genre avare de propositions (et de menaces) de tout type, Donald Trump vient d’en faire une nouvelle. Le président américain veut créer un « Conseil de paix » à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l’ONU, avec un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent, selon une « charte » dont l’AFP a obtenu une copie lundi 19 janvier 2026.
Qu’est-ce que ce « Conseil de paix » ?
La Maison-Blanche avait annoncé qu’en vertu du plan pour mettre fin à la guerre à Gaza soutenu par Washington, un Conseil de paix présidé par Donald Trump serait formé. Depuis ce week-end, plusieurs pays ont commencé à dévoiler avoir reçu une invitation pour y participer, dont la France, l’Allemagne ou le Canada.
Et pas que. Bien au-delà des alliés traditionnels des États-Unis, puisque le Kremlin a dit lundi que le président russe Vladimir Poutine avait été invité à « se joindre à la composition du Conseil de paix » – ce qu’a confirmé Donald Trump le lendemain.
Mais le projet de « charte » révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut aux Nations unies.
- La mission : établir une paix durable (et faire concurrence à l’ONU)
« Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits », est-il écrit en préambule de ce texte envoyé aux États « invités » à y siéger.
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Le texte de huit pages critique d’emblée les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », dans une allusion claire à l’ONU, et appelle à avoir « le courage » de s’en « écarter ». Il souligne d’ailleurs « la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace ».
- Donald Trump tout-puissant
Pur hasard, Donald Trump serait le « premier président du Conseil de paix », dont les pouvoirs prévus seraient très étendus. Il serait seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’État et de gouvernement à l’intégrer et pourrait révoquer leur participation sauf en cas de « veto par une majorité des deux tiers des États membres ».
Aussi, son mandat ressemblerait à une forme de présidence à vie. Il pourrait se « désigner un successeur » à « tout moment », et ne pourrait être remplacé qu’en cas de « démission volontaire » ou d’« incapacité » constatée à l’unanimité du « conseil exécutif » de l’organisation, formé à sa propre discrétion.
Certes, en théorie les décisions seraient prises à la « majorité des États membres », qui auraient chacun « une voix ». Elles seraient aussi « soumises à l’approbation du président », ce qui conférerait de facto un droit de veto à Donald Trump, qui aurait aussi la main sur l’agenda.
- Le tarif du ticket d’entrée fixé à 1 milliard
« Chaque État membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux États membres qui versent plus d’un milliard de dollars comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte », ajoute le texte, sans plus de précisions.
Quand ce conseil sera lancé ?
D’après la « charte » du « Conseil de paix », elle est censée « entrer en vigueur » quand seuls « trois États » l’auront signée. Si beaucoup y ont été invités, peu paraissent avoir clairement répondu, du moins pour l’instant.
Quels sont les pays concernés ?
La Maison-Blanche n’a pas publié la liste des pays invités. Plusieurs capitales ont, elles, fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d’invitation, sans forcément dire s’il comptait l’accepter ou non.
Donald Trump a confirmé lundi soir avoir invité son homologue russe Vladimir Poutine à rejoindre le « Conseil ». Moscou a ainsi dit vouloir « clarifier toutes les nuances » de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.
La France « ne peut donner suite » à ce stade, a indiqué lundi soir le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, tandis que le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se « coordonner » avec ses partenaires. En réponse au refus de Paris, Donald Trump a menacé lundi soir d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français.
Parmi les autres pays qui ont communiqué sur l’invitation à leur dirigeant figurent l’Italie, la Hongrie, l’Albanie, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Égypte, la Jordanie, la Turquie, la Grèce, la Slovénie, la Pologne ou encore l’Inde. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles. Le roi du Maroc rejoindra le conseil en tant que « membre fondateur », a pour sa part indiqué la diplomatie marocaine.
Par ailleurs, l’entourage du président français a fait savoir qu’Emmanuel Macron a proposé dans un « message privé » à Donald Trump d’organiser un sommet du G7 jeudi 22 janvier à Paris, auquel il pourrait convier, « en marge » de la réunion, « les Russes », ce qui serait une première en près de quatre ans de guerre en Ukraine. Il y propose aussi d’inviter les Ukrainiens à cette réunion, ainsi que les Danois, pour parler des divergences sur le Groenland, et les Syriens.
(Source : AFP)
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