Après une édition 2024 record en termes de fréquentation, Strasbourg Capitale de Noël a accueilli 3,05 millions de visiteurs/ses en 2025. Une baisse qui n’inquiète pas la Ville, plutôt soulagée d’éviter le surtourisme, mais qui interroge les commerçants et les forains, qui réclament davantage de jours d’ouverture. Retour chiffré sur l’événement incontournable de l’année strasbourgeoise.
« C’est une période où le territoire est à l’unisson. » Ce 20 janvier, la Ville est revenue sur l’événement incontournable de Strasbourg.
Dans une conférence de presse qui aura souvent davantage ressemblé à une médiation entre la Ville et les commerçants/forains [et avec quelques problèmes de chiffres, ndlr], Guillaume Libsig et Joël Steffen ont décliné plusieurs aspects chiffrés de Strasbourg Capitale de Noël, version 2025. L’occasion d’en présenter quelques-uns.
© Wilfried Rion / Pokaa
3,05 millions : le nombre de visiteurs/ses sur le marché de Noël 2025
C’était évidemment le chiffre le plus attendu par toutes les personnes présentes ce 20 janvier, et il a mis du temps à venir : la fréquentation du marché de Noël 2025. Première information : comme pressenti ces dernières semaines, celle-ci est en baisse, s’établissant à 3,05 millions de visiteurs/ses. Il y a donc eu 350 000 personnes en moins sur le marché de Noël.
Nous ne souhaitons pas courir après une hausse continue de l’affluence.
Joël Steffen, adjoint au tourisme
Une baisse à l’origine d’un léger couac : Guillaume Libsig explique d’abord que la baisse est de 4,4 % par rapport à la fréquentation record de l’an dernier, comme lui indique le dossier de presse. Sauf qu’un rapide calcul montre que la baisse est en réalité d’un peu plus de 10 %. L’explication ? Le taux de 4,4 % correspond en fait à la baisse d’affluence journalière. Quoi qu’il en soit, la conclusion est la même : il y a eu moins de monde.
Pour la Ville néanmoins, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Elle avoue un certain « soulagement de ne pas être dans un emballement touristique » et espère que cette fréquentation sera « proche d’une nouvelle norme ». Les commerçants et forains ont néanmoins plusieurs fois pris la parole pour tenter d’influer sur davantage de jours d’ouverture pour les prochaines éditions, arguant que cela leur serait bénéfique, alors que le marché de Noël représente parfois 30 % de leur chiffre d’affaires.
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Près de 50 % : la part des Strasbourgeois(es) et d’habitant(e)s de l’EMS fréquentant le marché de Noël
Alors que l’on entend souvent que les Strasbourgeois(es) se désintéressent de leur marché de Noël, ils et elles représentent pourtant, avec les habitant(e)s de l’Eurométropole, près de 50 % de la fréquentation du marché de Noël 2025.
Un chiffre qui n’est pas précis [comme d’autres sur cette conférence, ndlr], mais qui semble pointer vers une augmentation de cette part, qui était de 47,7 % en 2024. Une bonne nouvelle pour le localisme du marché, argument majeur de la municipalité.
Fréquentation ne veut pas dire consommation.
Joël Steffen, adjoint au tourisme
Contrairement à l’an dernier néanmoins, on ne peut que regretter l’absence de données arrêtées et précises sur la part des touristes dans la fréquentation. On se satisfera alors seulement de savoir que les Français(es) et les Allemand(e)s représentent le plus gros contingent, suivi(e)s ensuite par les Espagnol(e)s, les Américain(e)s, puis les Japonais(es), Chinois(es) et Turcs/ques.
Enfin, alors que 2 800 personnes avaient fréquenté les marchés de Noël dans les quartiers hors Grande-Île en 2024, 3 600 personnes ont été recensées cette année. Une fierté pour la municipalité, qui y voit un effet concret de son innovation menée depuis son arrivée au pouvoir, légèrement nuancée par le fait que le dispositif est passé de 8 à 9 quartiers. Ce qui donne globalement une augmentation de 50 personnes par quartier.
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500 : le nombre de cadeaux reçus pour l’initiative du Sapin solidaire
Finalement peu intéressée par le fait de donner des chiffres sur la fréquentation, la Ville s’est davantage concentrée sur les chiffres portant sur l’aspect solidaire de cette édition 2025. Véritable priorité, elle s’est notamment traduite par une augmentation des cadeaux à destination des enfants : de 80 cadeaux récoltés l’an dernier, l’édition 2025 est passée à 500. Une fierté pour Guillaume Libsig, avec 83% des donateurs/rices qui sont Strasbourgeois(es) ou qui habitent dans l’EMS.
La solidarité s’est également distinguée par l’augmentation du nombre de gobelets consignés récoltés, passant de 5 000 à 6 500, pour un don de 7 000 € aux associations Solidariteam et Solidarité Neudorf. Enfin, 110 associations ont été au sein du Village du Partage, contre 90 l’année précédente, tandis que 3 000 élèves ont été accueilli(e)s sur le Village de l’Avent, contre 2 500 en 2024.
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840 : le nombre de litres d’huiles usagées récoltées
Après la solidarité et l’inclusivité, l’écologie était le troisième pilier des ambitions de la municipalité écologiste dans sa transformation du marché de Noël. C’est pourquoi elle était ravie de pouvoir dire que 840 litres d’huiles usagées ont été récoltées, contre 660 litres en 2024.
Dans la même veine, 36 tonnes de carton ont été récoltées, le même chiffre que l’an dernier, tandis que 5,5 tonnes de verre ont été collectées, contre 3,2 tonnes de verre en 2024. Enfin, nouveauté 2025 : 1,7 tonne de verre valorisable ont été collectées dans les bacs des ilots de tri.
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2026 : le futur marché de Noël
L’année 2026 sera particulière pour le marché de Noël, puisqu’il se déroulera peut-être sous une nouvelle mandature. Cela impliquerait sans doute des changements dans les priorités, mais cela ne remettra jamais en cause l’impact du marché de Noël dans l’économie locale. Coûtant chaque année à la Ville près de 5 millions d’euros d’organisation, il ne « rapporte » que 1 million à Strasbourg par le mécanisme des droits de place des chalets.
C’est dans l’intérêt du territoire d’organiser Capitale de Noël.
Joël Steffen, adjoint au tourisme
Comme le dit Joël Steffen : « C’est un événement coûteux pour l’argent public, mais ça a un retentissement incroyable et ça fait travailler des filières entières. » En termes d’impact économique, c’est ainsi près de 250 millions de retombées sur le territoire tout entier. Un chiffre qui a fait dire à certains commerçants que la Région et la CEA pourraient également participer au pot commun du budget d’organisation d’un tel événement. Une piste pour l’an prochain ?