La Fédération régionale des Travaux Publics (FRTP) avait donné rendez-vous à quatre candidats aux municipales à Montpellier, ce mardi 20 janvier, pour parler mobilité, gestion de l’eau et adaptation au changement climatique.

C’est le premier exercice du genre dans cette campagne, pour les prétendants à la mairie de Montpellier. À l’occasion de ses vœux, la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) d’Occitanie a invité, ce mardi 20 janvier, les candidats aux élections municipales à s’exprimer sur les thématiques de la mobilité, de la gestion de l’eau et du risque inondation, et sur l’adaptation de la ville au réchauffement climatique. Quatre d’entre eux (*) – Michaël Delafosse, Nathalie Oziol, Isabelle Perrein et Jean-Louis Roumégas – ont répondu à l’invitation.

1. Mobilités : trams, trains… et voitures !

Il y a eu consensus, chez les candidats, sur la nécessité d’offrir aux habitants de Montpellier et de la Métropole une alternative à la voiture. Consensus aussi, sur la volonté de prolonger les lignes de tramway existantes. Mais pour le reste, chacun y est allé de son projet. Fidèle à la ligne nationale de La France Insoumise, Nathalie Oziol a assumé devant les professionnels des travaux publics son opposition « aux grands chantiers écocide et surdimensionnés », ciblant principalement le Contournement Ouest de Montpellier (COM) et la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan.

Un point de divergence avec le maire sortant, Michaël Delafosse, convaincu que cette LGV permettra également la mise en place d’un « RER du littoral » entre Nîmes, Montpellier et Sète. Côté rail, la notaire Isabelle Perrein porte, elle, un projet alternatif : « récupérer les anciennes emprises de Réseau Ferré de France pour créer des axes dédiés aux bus, avec des parkings relais sur les sites des gares désaffectées des petites communes. » Quant à Jean-Louis Roumégas, le candidat écologiste a annoncé vouloir créer une nouvelle gare routière, plus moderne.

Sur les axes routiers et fidèle à son habitude, Isabelle Perrein s’est fait « défenseur de ceux qui doivent aussi utiliser leur voiture. » La candidate s’interroge sur une réouverture des avenues de la Liberté et Albert Dubout, couplée à la construction de parkings « à deux arrêts de tram maximum du centre-ville ». Elle projette aussi la création d’une bretelle d’accès supplémentaire sur l’A709, au niveau du quartier Cambacerès, pour fluidifier le trafic sur le rond-point du Zénith. Idée reprise également par Jean-Louis Roumégas, quelques minutes plus tard.

2. Gestion de l’eau : chasse aux fuites et aux débordements

13 % de l’eau injectée dans le réseau de la ville s’échappe par des fuites. Si le maire sortant a rappelé que le chiffre s’élevait à 24 % il y a cinq ans, ce dernier reconnaît que les efforts sont à poursuivre. Quand son opposante Nathalie Oziol porte cette amélioration au crédit de la régie publique de l’eau impulsée par… Renée Revol, le maire LFI de Grabels.

Sur la gestion du risque inondation, Michaël Delafosse a promis de consacrer 54 millions d’euros à de futurs ouvrages, notamment pour limiter les crues du Verdanson et mettre hors d’eau le stade de La Mosson. Si ses opposants partagent la nécessité d’agir, ils attendront « d’être en responsabilité pour annoncer des budgets ».

3. Réchauffement climatique : adapter la ville

Comment adapter Montpellier face au défi du réchauffement climatique ? Désimperméabilisation des sols, végétalisation de l’espace public et rénovation des bâtiments publics ont été, logiquement, posé sur la table par les candidats. Dans le détail, Jean-Louis Roumégas annonce un vaste chantier visant à rénover 100 % des logements sociaux d’ici 2035.

Isabelle Perrein, elle, mise sur la mise en place d’ombrières et de brumisateurs sur l’espace public, et la transformation des berges du Lez en immense îlot de fraîcheur. Pour Nathalie Oziol, « la rénovation des quartiers doit aussi passer par la consultation et l’implication des habitants. Nous devons mener des expérimentations à petite échelle. »

Attentifs aux propositions, les 150 professionnels présents dans la salle ont surtout fait passer un message, par le biais de leur président héraultais Olivier Giorgiucci. « Dans un secteur en pleine incertitude où la commande publique représente 70 % des chantiers, relancez des projets, vite… »

(*) Les candidats qui se sont déclarés ces derniers jours, ou ceux qui le feront avant la date limite du 26 février, pourront exprimer par écrit leurs propositions auprès de la FRTP. ù