Le gouvernement britannique envisage d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, suivant l’exemple australien. Cette mesure vise à protéger les jeunes face aux risques liés à l’utilisation précoce des plateformes numériques.
Tl;dr
- Le Royaume-Uni envisage d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
- Une consultation publique est lancée pour recueillir les avis.
- L’exemple australien inspire la réflexion britannique.
Une consultation d’envergure sur la table au Royaume-Uni
Alors que la question de la protection des jeunes en ligne agite de nombreux pays, le gouvernement britannique choisit d’impliquer largement ses citoyens. Une large consultation vient d’être lancée, sollicitant l’opinion des parents et des adolescents sur une possible interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Plus qu’un simple sondage, cette démarche interroge aussi la faisabilité concrète du projet : comment faire respecter cette limite d’âge ? Comment restreindre la collecte des données des enfants par les grandes entreprises du numérique ? Et surtout, comment limiter l’exposition des plus jeunes à l’infinite scrolling et aux contenus addictifs qui font désormais partie du paysage numérique ?
L’Australie comme laboratoire
Pour nourrir sa réflexion, le Royaume-Uni regarde attentivement vers l’hémisphère sud. Il se trouve que l’Australie, pionnière sur ce terrain, applique depuis le 10 décembre un bannissement sans précédent visant plusieurs plateformes majeures telles que Facebook, X (ex-Twitter), TikTok ou encore YouTube. Les premiers effets se font sentir : pour se mettre en conformité avec la loi australienne, Meta a récemment fermé près de 550 000 comptes, principalement sur Instagram. Dans ce contexte, plusieurs ministres britanniques prévoient un déplacement sur place afin d’observer les impacts réels de ces mesures controversées.
Des inquiétudes persistantes malgré le cadre existant
Ce débat intervient dans un contexte réglementaire déjà en mouvement. Depuis 2023, le Online Safety Act, voté par le Parlement britannique, impose une série d’obligations nouvelles pour renforcer la sécurité des plus jeunes internautes. Certaines plateformes sont ainsi tenues de vérifier l’âge de leurs usagers pour filtrer notamment l’accès aux contenus pornographiques. Pourtant, à en croire la députée Liz Kendall, de nombreux parents s’inquiètent toujours du manque de contrôle sur ce que leurs enfants consomment en ligne.
Une décision imminente au Parlement britannique
Difficile donc d’ignorer ce climat alors même qu’une étape législative cruciale approche : dans quelques jours, la Chambre des Lords doit se prononcer sur un amendement au projet de loi « Children’s Wellbeing and Schools Bill ». Si celui-ci était adopté, un véritable bannissement des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans pourrait entrer en vigueur dans l’année. Ainsi, entre retour d’expérience australien et attentes croissantes de la société civile, le Royaume-Uni semble bel et bien à un tournant décisif en matière de protection numérique des mineurs.