FIGAROVOX/TRIBUNE – Une cession du Groenland aux États-Unis, sous forme de bail quasi perpétuel, serait peut-être la solution la plus raisonnable, estime l’avocat Arnaud Klarsfeld.
Le Groenland pourrait être cédé sous forme de concession (renouvelable) pour 99 ans aux USA contre (à déterminer) avec une forme juridique spécifique. Tentons de sortir de ce problème par le haut. Les États-Unis nous protègent depuis 80 ans d’abord du nazisme ensuite du communisme aujourd’hui de l’islamisme radical. On leur doit notre liberté et une partie de notre prospérité.
Je comprends qu’il est dangereux pour la concorde internationale que certains États agissent en se faisant en raison de leurs pouvoirs juges suprêmes de leurs droits et au nom de leur intérêt national obtenir ainsi les résultats désirés non par des négociations mais par la force et la violence. Je comprends aussi qu’il y a là un caractère contagieux des violations du droit international. Les exemples de violations ainsi perpétrées ébranlent la force des traités et incitent autrui à faire de même. Je comprends aussi ceux qui affirment que de tels agissements peuvent ainsi susciter catastrophes et anarchie. Mais je comprends aussi que le droit international n’existe pas sans lois et juges d’une part mais aussi d’autre part et surtout une force pour faire respecter le droit et les jugements. La loi française existerait-elle si la police française n’était pas là pour la faire respecter. Qui fait respecter la loi internationale ? Évidemment, le recours à la force est prévu par la charte des Nations. Mais cette Charte a été rédigée lorsque tous les membres du Conseil de sécurité étaient alliés et que l’Assemblée générale ne comptait environ que cinquante États maximum essentiellement du bloc occidental. Aujourd’hui les membres du Conseil de sécurité ont des intérêts divergents et l’Assemblée générale compte environ deux cents membres dans leur vaste majorité hostile à l’Occident. Ces dix dernières années, le Venezuela n’a jamais été condamné, l’Afghanistan une seule fois, la Chine jamais, l’Iran à de rares reprises tandis qu’Israël a été condamné près de deux cent fois. Au sein de l’Union européenne nous sommes encore des privilégiés qui agissons comme des gentlemen ou gentlewomen. En dehors de cette oasis de paix c’est la loi de la jungle qui prévaut.
Trump veut la paix dans le monde occidental. Il la veut de manière autoritaire mais c’est bien mieux que la guerre.
Arno Klarsfeld
La volonté par les Américains d’acquérir le Groenland date quasiment déjà du temps de Lincoln à une époque où le Groenland n’était pas stratégique. Aujourd’hui il l’est à bien des niveaux : géographique, pour la défense des États-Unis, pour contrer la Russie, la Chine, pour son sous-sol etc. Et aussi, ne l’oublions pas pour protéger l’Occident, auquel nous appartenons.
Trump, tel Alexandre face au nœud gordien inextricable du droit international pour le Venezuela, a sorti son épée et l’a tranché pour le meilleur. Seul l’avenir nous dira si cela aura été pour le pire. Peut-être qu’il le sortira pour trancher le régime des Mollah qui déstabilise le Moyen Orient et massacre sa population. Il ne sortira pas son épée pour le Groenland mais une solution raisonnable peut être trouvée et il vaut mieux sortir de là par le haut en le cédant sous une forme de bail quasi perpétuel. Ainsi personne ne perdrait vraiment la face. On s’oppose quand on a une chance de gagner ou quand l’adversaire veut bouleverser votre manière de vivre, faire de vous un esclave, vous prendre votre identité. Le nazisme voulait nous voler notre liberté, nos valeurs et exterminer les Juifs et les déséquilibrés et faire des slaves des esclaves pour le Reich.
Trump veut la paix dans le monde occidental. Il la veut de manière autoritaire mais c’est bien mieux que la guerre. Les deux premières guerres mondiales ont été fatales pour la puissance européenne et pour les dizaines de millions de victimes qu’elles ont entraînées. Ce n’est pas le cas de Trump. Il veut le Groenland pour les États-Unis pour des raisons stratégiques (il a raison de ce point de vue) et pour entrer dans l’histoire (chacun ses petits défauts). Mais les petits défauts ne doivent pas masquer les grandes qualités. Le pire pour le continent européen serait la guerre avec la Russie et c’est Trump qui nous en préserve.