Il a passé 581 jours dans les prisons russes. Le chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie depuis juin 2024, a été libéré et remis à la France le 8 janvier 2026, en échange de la libération et du retour en Russie d’un basketteur russe. L’ex-prisonnier de 49 ans s’exprime pour la première fois depuis sa libération au micro de RTL.
Face à Marc-Olivier Fogiel, il explique avoir « sombré » lors de son incarcération dans la prison de Lefortovo, située en banlieue de Moscou. Le site est un ancien centre de détention du KGB, où sont encore enfermés des opposants politiques.
« Ça a été la vraie prison. Dans la prison de Lefortovo, où j’étais tout seul, j’ai vu la pression sur les prisonniers, la pression psychologique de la part de l’administration. C’était une relation autoritaire », confie-t-il sur RTL.
« Toutes les heures, j’avais quelque chose à faire »
Enfermé 23h/24, Laurent Vinatier explique qu’il « faut avoir une routine très, très serrée et très, très précise » pour faire passer le temps. « Toutes les heures, j’avais quelque chose à faire. Je m’étais moi-même fixé quelque chose à faire. C’était même répété parfois à la minute près. C’est incroyable. Autrement on sombre », poursuit-il.
Le Français évoque également des « conditions terribles » lors de sa détention dans la prison de Toula, à 150km de Moscou. « C’était inimaginable », insiste-t-il. Chercheur spécialiste de l’espace post-soviétique, Laurent Vinatier travaillait – au moment de son arrestation – pour le Centre pour le dialogue humanitaire, une organisation non gouvernementale suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels, notamment s’agissant de l’Ukraine.
Soupçonné d’espionnage par la Russie
En juin 2024, le Français avait été arrêté, puis condamné par la justice russe à trois ans de prison pour ne s’être pas enregistré en tant qu' »agent de l’étranger ». Laurent Vinatier avait plaidé l’ignorance, ne sachant pas que cet acte administratif était obligatoire dans son cas.
Plus d’un an plus tard, en août 2025, le chercheur a comparu, cette fois, dans le cadre d’une affaire bien plus grave pour espionnage, un crime passible de 20 ans de prison en Russie.
L’intégralité de l’interview de Laurent Vinatier sera diffusée jeudi 22 janvier à partir de 8h15 dans Face à Fogiel sur RTL et RTL.fr.
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