Article publié le mardi 20 janvier 2026 à 05h00
et mis à jour à 08h11.

Plus que deux équipes françaises en WorldTour. Vingt-quatre coureurs français engagés dans des formations étrangères. Le cyclisme hexagonal continue de former, mais peine à conserver. En 2026, les coureurs français existent toujours au plus haut niveau, mais de moins en moins sous pavillon tricolore. Les athlètes formés chez nous vont briller ailleurs. On décrypte.

Cyclisme français : moins d’équipes, plus de coureurs à l’étranger

Sur Weelz!, on parle plus rarement de cyclisme professionnel ; dans tous les cas, pas pour commenter un classement ou un podium. Mais le sujet nous intéresse lorsque son impact dépasse le simple résultat sportif.

Quand il raconte autre chose que des victoires ou des défaites (pas toujours). Quand il met en lumière des mécanismes économiques, des choix sociétaux voire politiques, des fragilités structurelles. Quand il dit quelque chose du vélo, au sens plus large.

Un WorldTour qui se resserre et un modèle économique sous tension

La première division mondiale du cyclisme professionnel a perdu deux équipes à l’orée de la saison 2026. Arkéa – B&B Hotels a mis la clé sous la porte. Intermarché Wanty a fusionné avec Lotto.

Le WorldTour se contracte. Les budgets se concentrent. Les équipes disposant de gros moyens financiers (UAE Emirates XRG, Visma-Lease a Bike) prennent une longueur d’avance, quand les autres luttent pour survivre. Une logique d’élite fermée un peu comme dans le football ; même course aux capitaux, mêmes dégâts collatéraux.

La France reléguée au second plan de l’élite mondiale

Conséquence directe de cette recomposition : la France ne compte plus que deux équipes au plus haut niveau. Decathlon – CMA CGM et Groupama – FDJ United tiennent encore la barre. Cofidis, elle, a été reléguée en ProTeam.

Et c’est tout sauf neutre. Moins d’équipes WorldTour françaises, ce sont moins de places garanties pour les coureurs tricolores, moins de poids politique dans l’écosystème international, et une visibilité réduite pour les sponsors nationaux.

Coureurs français à l’étranger : la fuite des talents

En 2026, 24 coureurs français sont engagés dans des équipes WorldTour étrangères. Du jamais vu. Des profils variés, des espoirs comme des coureurs confirmés (Kévin Vauquelin chez la formation britannique INEOS Grenadiers, Bruno Armirail chez Visma, Benoît Cosnefroy chez UAE, etc.)

« La France forme bien. Elle alimente le peloton mondial. Mais elle peine à retenir ses forces vives. »

Ils ont tous un point commun : ils n’ont pas trouvé, ou pas conservé, leur place dans une structure française de l’élite. Une fuite des talents vers l’étranger. La France forme bien. Elle alimente le peloton mondial. Mais elle peine à retenir ses forces vives dans ses propres équipes.

Le cyclisme français n’a pas dit son dernier mot

Ce n’est pas pour autant la fin du cyclisme français. Onze coureurs tricolores évoluent encore en ProTeam, deuxième division du cyclisme mondial (comme Julian Alaphilippe chez Tudor).

Et le talent cycliste féminin ?

Chez les femmes, c’est un peu la même chose. Si l’équipe française FDJ-SUEZ compte trois Françaises dans son effectif (Juliette Labous, Marie Le Net et Evita Muzic), beaucoup de coureuses hexagonales sont dans des équipes étrangères.

La plus célèbre de toutes, Pauline Ferrand-Prevot est toujours en contrat avec l’équipe néerlandaise Visma-Lease a Bike (avec Marion Bunel). Cédrine Kerbaol est toujours chez EF Education (États-Unis), Aude Biannic à la Movistar.

Bonne nouvelle côté femmes, il reste des équipes féminines françaises sur le listing 2026 : Arkéa – B&B Hotels Woman, Cofidis Women Team et Saint Michel-Preference Home-Auber 93 ; avec pas mal de coureuses tricolores dans leurs effectifs (Clémence Latimier, Victoire Berteau, Alison Avoine, etc.). Sans compter la nouvelle formation MAYENNE – MONBANA – MY PIE (ex – Winspace Orange Seal).

C’était le bon temps…

La filière de formation française reste l’une des plus performantes d’Europe. Clubs, structures fédérales, équipes continentales continuent d’alimenter le peloton. Le problème n’est pas en amont. Il se situe évidemment plus haut, là où l’économie prend le pas sur le projet sportif.

Le WorldTour, un club très fermé

Le cyclisme français n’est pas en crise de talents. Il est en crise de structures. Dis autrement : le problème ne vient pas du nombre de jeunes qui roulent, ni de leur niveau, mais de ce qui existe – ou non – pour les accueillir durablement au plus haut niveau.

Le WorldTour fonctionne aujourd’hui comme un club très fermé, où l’accès dépend surtout des budgets, des sponsors internationaux et de la capacité à absorber des salaires toujours plus élevés.

Les équipes françaises, historiquement plus modestes et souvent dépendantes de partenaires nationaux, peinent à suivre cette inflation. Résultat : les coureurs formés en France deviennent attractifs… surtout pour des structures étrangères mieux armées financièrement.

Crédit photo image en couverture : ©A.S.O / Charly Lopez.

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