Pour eux, la manifestation de ce mardi était « un point de départ ». Celui d’un combat en faveur de la petite enfance et, bientôt, de luttes plus globales. « Aujourd’hui, nous manifestons pour la jeunesse, et demain ça sera autre chose », estime Philippe Chastel, responsable de l’espace Boris Vian.

« Avec cette juxtaposition de baisses de moyens et la fragilisation globale des centres sociaux, il n’y aura plus rien dans les quartiers. » Et de poursuivre : « Nous, on perdra notre boulot, et ça ne sera pas marrant. Mais quand les centres sociaux n’existeront plus, les familles n’auront plus rien. »

« Nous faisons avec un budget toujours plus serré, sans gaspillage, avec un fonctionnement le plus collaboratif possible »

Alors, les centres sociaux Boris Vian et de Solaure La Jomayère et l’Amicale laïque de Côte Chaude, trois structures proposant un Lieu d’accueil enfant parent (LAEP) , ont invité parents, encadrants et sympathisants à un rassemblement sur la place de l’Hôtel de Ville, avant de rallier l’Hôtel du Département, pour lancer un appel aux financeurs que sont, notamment, ces deux collectivités.

« Nous faisons avec un budget toujours plus serré, sans gaspillage, avec un fonctionnement le plus collaboratif possible. Chaque euro est utilisé pour l’accompagnement des familles », a expliqué Célia Duchamp, directrice de l’Amicale laïque de Côte Chaude, qui demande notamment « une concertation entre les financeurs », auxquels il faut ajouter la CAF et l’État. Il en va du sauvetage d’un « maillon essentiel de l’éducation. Les LAEP sont un pilier pour de nombreuses familles accompagnées au quotidien. »

« C’est un lieu qui permet de sortir de l’isolement »

Une trentaine de personnes ont donc répondu favorablement à l’appel à ce rassemblement, pour soutenir ce dispositif accueillant des enfants âgés jusqu’à 4 ans, parfois jusqu’à 6, accompagnés d’un adulte référent. « C’est un lieu qui permet de sortir de l’isolement », estime une maman, qui voit en ce dispositif la possibilité pour les tout-petits d’en rencontrer d’autres.

Une enseignante voit « un levier d’inclusion » pour les personnes venues de l’étranger, qui ont là « l’occasion de parler de parler le français ».

Quant à cette accueillante, riche d’une expérience d’une vingtaine d’années, elle estime que les LAEP sont « un espace libre. Il n’y a pas besoin de prévenir de sa présence ou de son absence, on est accueilli gratuitement. Il est important de garder les portes ouvertes car il n’y a pas d’autres espaces comme ça, avec cette liberté et cette autonomie. » Pour combien de temps encore ?