À quelques semaines du scrutin municipal, la droite radicale montpelliéraine se déchire. Entre accusations d’exclusion, ultimatum public et bataille pour l’étiquette RN, le face-à-face entre France Jamet et Thierry Tsagalos fragilise leurs chances au premier tour.

Rien ne va plus au Rassemblement national à l’approche des élections municipales de mars prochain à Montpellier. L’ambiance est électrique entre la liste de France Jamet, investie « par Jordan Bardella, qui m’a renouvelé sa confiance », et Thierry Tsagalos, suppléant du député Charles Alloncle, qui vient de « se mettre en retrait du RN » pour mener bataille.

« Il a été exclu », soutient France Jamet, qui estime « être la seule légitime pour conduire la liste, en fidélité avec mon parti ». « J’ai tendu la main à M. Tsagalos, il ne l’a pas saisie et m’a tourné le dos », affirme l’eurodéputée, élue au conseil municipal dans l’opposition de 2014 à 2017.

« Ses méthodes ne sont pas belles »

L’ancienne conseillère régionale estime que Thierry Tsagalos a « usurpé l’étiquette RN. Je n’ai rien contre lui, je comprends qu’il ait des velléités personnelles, mais ses méthodes ne sont pas belles. Il a présenté sa candidature alors que j’étais avec les pêcheurs en Guadeloupe, sans prévenir personne », déplore-t-elle.

De son côté, Thierry Tsagalos poursuit sa campagne et a lancé, via les réseaux sociaux, un ultimatum à France Jamet, invitée à rejoindre sa liste avant le 1er février, sous deux conditions : l’adhésion publique à sa position contre l’incinérateur CSR et à son projet alternatif de traitement des déchets sans émission de particules fines, ainsi que la garantie qu’aucun scandale lié à l’ancien numéro deux de France Jamet, Djamel Boumaaz, ne puisse entacher la liste.

Le risque de ne pas franchir les 10 %

Thierry Tsagalos affirme vouloir mener sa campagne « sans étiquette, mais plus déterminé et plus rassembleur que jamais ». Il précise que sa liste réunit des profils variés, allant du RN à l’UDR, ainsi que des candidats non encartés ou issus d’autres partis, « dont d’anciens centristes frêchistes qui ont compris que le PS se fourvoyait ». Une pluralité qui, selon lui, « laisse une grande liberté pour convaincre les Montpelliérains ».

Crédité de 11 % au premier tour par un sondage Harris Interactive pour le Printemps montpelliérain, Thierry Tsagalos « ne pèse rien sans l’étiquette RN. Ce n’est pas la souris qui porte l’éléphant. Il est une imposture et sera démasqué », tranche France Jamet, qui exclut toute alliance. Au risque de voir aucun des deux camps franchir la barre des 10 % au premier tour ? Réponse le 15 mars, si rien ne bouge au cœur de la droite radicale montpelliéraine.