PORTRAIT – Le robuste deuxième-ligne du Castres Olympique fait partie des joueurs convoqués à Marcoussis pour préparer le Tournoi des six nations. Un colosse qui pourrait faire des merveilles sous le maillot bleu.
Éligible à l’équipe de France depuis l’automne dernier
Né à Canberra en 1994, Tom Staniforth (31 ans) a joué pour plusieurs clubs australiens reconnus – les Brumbies et les Waratahs -, sans jamais parvenir à atteindre le niveau international. En 2020, il prend le pari de s’envoler vers l’Hexagone et change de vie en rejoignant le Castres Olympique. Sous le maillot du club tarnais, le colosse va faire son trou, en participant notamment à l’épopée jusqu’en finale du Top 14 (perdue face à Montpellier) en 2022. Il est aujourd’hui devenu un joueur central de l’effectif de Xavier Sadourny. Et est éligible au XV de France depuis la fin d’année 2025, ayant résidé sur le territoire durant au moins soixante mois. Fabien Galthié et son staff, qui le surveillaient de près, ont forcément sauté sur l’occasion pour renforcer la deuxième ligne et notamment le poste de numéro 5 (derrière Meafou et Guillard).
Le Castrais, tombé amoureux de son nouveau pays, a également lancé une procédure de naturalisation française. «Je pense que je ne reviendrai jamais en Australie», confiait-il récemment à nos confrères de La Dépêche. Et d’ajouter : «Ma famille et moi, on aimerait rester en France (ses deux enfants sont nés dans l’Hexagone), créer une vie ici, après le rugby. Mais pour cela, il faut un passeport, alors on l’a demandé. Après, il y a pas mal de choses à faire encore, comme réaliser un entretien avec la préfecture qui va demander plusieurs informations sur l’histoire de la France.»
Un volume de jeu impressionnant
1,98 m pour 126 kg. On comprend tout de suite pourquoi le sélectionneur du XV de France a fait le choix d’intégrer Tom Staniforth dans sa liste pour préparer le Tournoi des six nations 2026. Incroyablement puissant et redoutable défenseur, le Castrais au long mulet fait de gros dégâts dans tous les secteurs de jeu en Top 14. Selon le site Opta, il se classe cette saison dans le top 5 des joueurs de l’élite qui réalisent, en moyenne, le plus de courses sur 80 minutes de jeu. Lors de sa deuxième saison dans le Tarn, le deuxième-ligne avait été le joueur le plus utilisé, tous clubs confondus, avec 1980 minutes de temps de jeu. Malgré son âge avancé, il pourrait être une sérieuse concurrence face au Toulousain Emmanuel Meafou (2,03 m pour 142 kg), qui peine à retrouver un niveau régulier ces dernières semaines.
XV de France : absents de marque, invités surprise… Galthié fait débat avec sa liste de 42 joueurs pour le Tournoi
Véritable sécateur
En plus de posséder un physique très avantageux pour concasser ses adversaires, Tom Staniforth est aussi réputé pour son aptitude au plaquage. Lors de trois saisons consécutives (entre 2021 et 2024), le Castrais a terminé meilleur plaqueur du Top 14, affichant des statistiques défensives impressionnantes. Au terme de l’exercice 2022-2023, il avait notamment réalisé 342 plaquages. «Un beau plaquage est un plaquage réussi» confiait ce dernier à nos confrères de L’Équipe en 2024. Un renfort certain pour les Bleus d’Antoine Dupont, qui ne cessent de voir leur rendement défensif – sur lequel le staff tricolore avait grandement construit au début de l’ère Galthié – diminuer ces dernières années.
Une énorme blessure la saison dernière
Lourdement touché à une cheville et opéré au milieu de l’année 2024, l’Australien a dû s’absenter durant un an. Une blessure qui lui a fait manquer l’entièreté de la dernière saison et qui aurait même pu mettre un terme à sa carrière. Revenu en forme plusieurs mois après, Tom Staniforth a déjà pris part à 13 rencontres cette saison. Comme un symbole, il était titulaire lors de la victoire historique du Castres Olympique sur la pelouse du Munster, samedi dernier.
XV de France : Penaud et Fickou trop téméraires, l’effronté Alldritt… Les dessous de ces mises à l’écart par Fabien Galthié
Sélectionné avec les U20 australiens
Avant de s’engager avec le CO – à l’époque sous les conseils de Pierre Henry-Broncan, alors manager du club tarnais -, Staniforth a fait le bonheur de la sélection des moins de vingt ans de son pays. Mais l’Australie, à une époque où les Wallabies dominaient le rugby mondial, n’a pas misé sur lui par la suite. «C’est un rêve pour moi mais je sais aussi que le staff peut compter sur beaucoup de joueurs disponibles, qui sont meilleurs que moi, en deuxième ligne […] Si l’opportunité se présente pour moi, je la saisirai, ce serait une énorme opportunité», avouait-il encore à L’Équipe il y a deux saisons, à propos d’une possible convocation à Marcoussis. Ce mercredi, le rêve a enfin pris réalité.