Leur combat « contre l’impérialisme », les Insoumis le conçoivent comme devant se décliner du municipal au planétaire. C’est pourquoi ils refusent de se taire sur l’actualité au Proche-Orient.
« Je suis fière d’appartenir à un mouvement qui a toujours dénoncé le génocide en cours à Gaza , un mouvement qui se placera toujours aux côtés des peuples opprimés », lance la binôme de Florian Kobryn Halima Meneceur. Ce, dès le début de son intervention ce mardi devant plus de 600 personnes dont une partie est réduite à suivre les discours dans une salle voisine. Au niveau local, LFI a annoncé, en cas de victoire, la suppression du jumelage avec Ramat Gan.
« La traîtrise du PS »
« La lutte contre toutes les oppressions et le fascisme ; voilà ce qui guide nos pas jusqu’en 2027 », poursuit Halima Meneceur. « Il y a à Strasbourg le risque que Virginie Joron (RN) ait un groupe au conseil municipal. » « Pour empêcher cela, il faut une gauche radicale, pas une gauche qui légitime l’islamophobie, qui criminalise les actions de dénonciation du génocide à Gaza et parle de prosélytisme lorsqu’une femme voilée apparaît sur une affiche. »
« Oui, j’ai nommé le PS, représenté à Strasbourg par Catherine Trautmann et sa clique », clame encore l’oratrice devant une salle chauffée à blanc. La charge sur Trautmann – placée en tête par deux sondages d’opinion – et son parti ne fait que commencer. Le député Emmanuel Fernandes se lance dans une « démonstration de la traîtrise du PS », qui sauve les miches du gouvernement Lecornu « pour quelques miettes grapillées sur un budget inique ».
Dans cette ville qui a porté haut LFI aux Européennes , l’eurodéputée Manon Aubry veut croire : « Envoyer Florian Kobryn à la mairie, c’est commencer à tourner la page du macronisme ». Rima Hassan, plus tard dans la soirée, définira cette gauche combative qui peut changer la donne : « une gauche refusant le capitalisme qui nous broie, luttant contre un monde qui sacrifie l’éducation, le service public, la santé ».
« Faire céder les fascistes et leurs alliés »
La tête de liste monte en tribune à son tour. « À tous les représentants de la Gen Z dans cette salle, l’humble millénial que je suis est à votre service ». Applaudissements, la jeunesse kiffe. Kobryn poursuit : « Tout comme je suis au service des syndicalistes et des associations, ces maillons essentiels du vivre ensemble ».
Au-delà du programme (*), l’heure est à la politique pure. « Nous ferons de Strasbourg un rempart pour vos rêves et vos projets ». « Face à la pauvreté, aux enfants qui dorment à la rue , aux habitants qui se sentent abandonnés, nous reconstruirons cette ville en mettant les marges au centre. »
Puis Kobryn se moque de « Catherine Trautmann avec ses mantras sur la sécurité, l’ordre et la propreté ». « Avec sa candidature providentielle qui serait au-dessus des partis… Les Strasbourgeois ne sont pas dupes ».
Puis le candidat revient sur les Européennes de 2024 à Strasbourg : « 21 % pour la liste Aubry, 9 % pour les écologistes », déclame-t-il avant de se radoucir. « Oui, nous avons des désaccords avec les écologistes mais ils ne seront jamais aussi grands que notre détermination à faire céder les fascistes et leurs alliés ». Et de lancer un pronostic défiant les tendances. « Nous serons en tête au premier tour et appellerons toutes les forces de gauche à nous rejoindre pour battre la droite et l’extrême-droite. »
(*) Les 400 mesures proposées par LFI sont répertoriées sur le site kobryn2026.eu