Dimanche, la neige envahira le canal 30 de la TNT. Après dix-sept années à couvrir l’actualité dans les Hauts-de-France, la chaîne régionale Wéo cessera définitivement d’émettre. Un « sentiment de gâchis » déplore son PDG, Jean-Michel Lobry, après l’annonce de la liquidation judiciaire.
La chaîne, qui revendiquait une audience globale d’un million de téléspectateurs par semaine, avait été placée en procédure de sauvegarde l’automne dernier. Depuis, elle n’a pas pu trouver de repreneur, ce qui a conduit le tribunal de commerce de Lille à prononcer sa liquidation.
Désengagement des Hauts-de-France
« J’ai deux sentiments qui se mêlent », a confié mercredi à l’AFP Jean-Michel Lobry, fondateur et PDG de Wéo : « La satisfaction, parce qu’avec l’équipe qui a été exceptionnelle jusqu’au bout, on a produit un programme utile au territoire pendant 17 ans, et un sentiment de gâchis également, parce que […] je n’ai eu aucun répondant des pouvoirs publics et des collectivités ».
Le modèle économique de Wéo, qui consistait en 50 % de financements publics et 50 % de financements privés, « a été mis à bas, d’une part par le désengagement de notre partenaire public, mais pas que : les revenus publicitaires ont aussi baissé », notamment « au profit des GAFAM et des réseaux » sociaux, a déploré Jean-Michel Lobry.
Interrogée par l’AFP, la région Hauts-de-France, qui contribuait pour moitié au budget de la chaîne depuis ses débuts, a évoqué « un modèle qui arrive à bout de souffle » et a rappelé avoir « engagé un retrait progressif » de ses financements depuis 2023, avec la volonté d’encourager Wéo à diversifier ses ressources.
« Qu’une chaîne, au début, ait besoin d’aides publiques pour démarrer, pour se lancer, pour conquérir des parts de marché, on peut comprendre […], mais ça ne pouvait pas reposer à ce point sur la puissance publique », toujours selon la région.
Wéo, qui faisait partie de la galaxie du groupe de presse belge Rossel, propriétaire notamment des quotidiens belges Le Soir et L’Echo, des journaux régionaux français La Voix du Nord, Le Courrier Picard, avait commencé à émettre en avril 2009 et employait 14 salariés.