Par
Brian Le Goff
Publié le
22 janv. 2026 à 16h21
Dans le bourg de Vezin-le-Coquet, à l’ouest de Rennes, le déploiement de plusieurs dizaines de gendarmes a surpris bon nombre d’habitants en cette matinée du jeudi 22 janvier 2026. À l’instar de cinq autres communes de la métropole, une nouvelle opération dite « coffre-fort » était en effet organisée.
Véhicules, bus, piétons…
Ce sont ainsi 35 militaires des brigades de gendarmerie de Pacé et de Mordelles, du Psig (Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie), de l’équipe canine, mais aussi de l’escadron départemental de contrôle des flux qui ont été mobilisés pour contrôler les véhicules qui traversaient la ville, située en première couronne de Rennes, ainsi que des piétons, dans le centre-bourg.
Avec une dizaine d’agents du réseau Star chargés de contrôler les titres de transport à un arrêt de bus, les forces de l’ordre ont aussi effectué un contrôle des passagers et de ce qu’ils pouvaient transporter, notamment grâce à la présence d’un chien de l’équipe canine de la gendarmerie spécialisée dans la recherche de stupéfiants.

L’équipe canine a contrôlé un bus, dans la matinée. Le but : détecter la présence de produits stupéfiants. (©Brian Le Goff / actu Rennes)
« Ce sont des lignes de bus qui vont jusqu’au centre de Rennes, en passant par le quartier de Villejean, où l’on sait qu’il y a des points de deal et du trafic de stupéfiants », observe Franck Robine, préfet d’Ille-et-Vilaine, venu assister à cette opération.
Plus de 50 gendarmes et agents ont été mobilisés sur une opération dite « coffre-fort » près de Rennes. Franck Robine, préfet d’Ille-et-Vilaine, nous en détaille le principe.
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Vezin dans le dispositif des « Villes de sécurité renforcée »
Et pour cette opération spéciale, Vezin-le-Coquet n’a pas été choisie au hasard. « Elle fait partie, depuis 2025, des cinq communes de la métropole de Rennes situées hors zone de police placées dans le dispositif ’Villes de sécurité renforcée’ en raison de la délinquance qui s’y développe », explique Vincent Bedouet, commandant de la compagnie de gendarmerie de Rennes.
Pour l’instant, il n’y a pas de point de deal en dehors de Rennes, mais des faits notables en lien avec le trafic de stupéfiants se sont déroulés dans ces villes, ces dernières années.
Vincent Bedouet
Commandant de la compagnie de gendarmerie de Rennes
Le but de ces opérations « coffre-fort », où des agents contrôlent en centre-ville mais également en entrée et sortie de ville pour prévenir d’éventuelles fuites, est « d’occuper le terrain » dans une stratégie « de harcèlement envers les délinquants » et « d’empêcher l’implantation aussi bien des consommateurs que des trafiquants ».

Franck Robine (à gauche), préfet d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne, s’est rendu auprès des forces de l’ordre et des agents du réseau Star engagés sur cette opération spéciale, jeudi 22 janvier, dans la matinée. (© Brian Le Goff / actu Rennes).Des commerces contrôlés
Mais ces opérations « coffre-fort » ne s’arrêtent pas là. Elles peuvent aussi être organisées en collaboration avec d’autres services de l’État, comme l’Urssaf, par exemple. Elles visent par là des commerces afin de vérifier que les normes réglementaires sont respectées.
Les informations transmises aux autorités par ces mêmes commerces peuvent également faire l’objet d’une attention particulière lorsqu’un doute sur leur sincérité subsiste. Il peut s’agir par exemple de chiffres d’affaires truqués, derrière lesquels peut se cacher du blanchiment d’argent, venu du narcotrafic. Le préfet a, en ce sens, souhaité que ce type de contrôles soit « intensifié ».
Lors de précédents contrôles, nous avons fermé un restaurant kebab un mois car il contrevenait à la législation sanitaire et nous avons contrôlé un barbier qui employait des clandestins.
Vincent Bedouet
Commandant de la compagnie de gendarmerie de Rennes.
« On a réussi à certains moments à réaliser de bonnes prises »
Par ailleurs, dans la matinée, Franck Robine s’est également rendu auprès des gendarmes de l’escadron départemental de contrôle des flux.
Un nouveau nom pour cette unité qui, jusqu’à peu, était seulement chargée d’intervenir sur les infractions et délits routiers. « Aujourd’hui, nous avons une plus grande polyvalence sur nos missions car elles concernent l’ensemble des flux, qu’ils soient routiers, ferroviaires, aéroportuaires et maritimes », a souligné le commandant de la compagnie de gendarmerie de Rennes.

La gendarmerie était mobilisée pour cette opération de contrôle « coffre-fort ». (©Brian Le Goff / actu Rennes)
Lorsqu’un officier de l’escadron contrôle un conducteur positif aux stupéfiants par exemple, il peut très rapidement organiser une perquisition à son domicile. « C’est comme ça que l’on a réussi, à certains moments, à réaliser de bonnes prises avec des saisies de drogues importantes », poursuit Vincent Bedouet.
À l’avenir, tous les acteurs assurent que ces opérations « coffre-fort » vont s’intensifier autour de Rennes.
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