Philip Young, ancien conseiller municipal conservateur, est accusé d’avoir pendant 13 ans droguée son ex-femme. Il l’a ensuite violée avec d’autres hommes, coaccusés.

Le 2 septembre 2024, en refusant le huis clos, Gisèle Pelicot avait placé Dominique Pelicot et les 50 coaccusés face à la réalité de leurs actes. Pendant les quinze semaines d’un procès éprouvant, elle les a affrontés, confrontés et regardés droit dans les yeux. Un an et demi plus tard, outre-Manche, une autre femme, droguée par son mari et victime pendant treize ans de viols et d’agressions sexuelles commis par ce dernier et six autres hommes, a elle aussi choisi de renoncer à son droit à l’anonymat, pourtant garanti par la loi britannique. 

Après une première comparution en décembre dernier, les accusés seront jugés ce vendredi 23 janvier devant la Cour criminelle. Retour sur l’affaire que la presse britannique surnomme déjà le « Pelicot anglais ».

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Son ex-mari inculpé de 56 infractions

Le principal accusé est Philip Young, ancien conseiller municipal conservateur. Il a été inculpé de 56 infractions sexuelles, parmi lesquelles de multiples viols sur son ex-épouse, des faits de voyeurisme, la possession d’images indécentes d’enfants ainsi que d’images dites « extrêmes ».
Lors de la perquisition de son domicile, les enquêteurs ont découvert trois images interdites et 82 images extrêmes, réparties en quatre catégories : « viol, animaux, mort et violence ».

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Les faits se seraient déroulés sur une période de treize ans, entre 2010 et 2023. La victime, Joanne Young, aujourd’hui âgée de 48 ans, a fait le choix de lever son anonymat. Lors de l’audience de décembre dernier devant le tribunal de Swindon, dans l’ouest de l’Angleterre, son ex-mari ne s’est exprimé que pour décliner son identité. Il a été placé en détention provisoire.

Cinq autres hommes sont également poursuivis pour viols ou agressions sexuelles : Norman Macksoni, 47 ans, domicilié à Sharnbrook ; Dean Hamilton, 46 ans, sans domicile fixe ; Connor Sanderson Doyle, 31 ans, de Swindon ; Richard Wilkins, 61 ans, également de Swindon ; et Mohammed Hassan, 37 ans.

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Un ancien rappeur parmi les accusés

Parmi eux figure Norman Macksoni, ancien rappeur et homme d’affaires d’origine zimbabwéenne. Âgé de 47 ans, il se produisait sous le nom de Lynx au sein du groupe South Finesse, qui avait connu un certain succès dans les classements vidéo en 2011 et avait été signé aux États-Unis sous le nom de Kin, rapporte The Observer.

« Je suis extrêmement choqué. Norm est quelqu’un d’adorable, il aurait tout fait pour n’importe qui. Il faisait partie d’un groupe qui a connu quelques succès. C’est la dernière personne à laquelle on penserait dans une affaire de ce genre », confie un proche.

Deux des accusés ont plaidé non coupable. Les trois autres ne se sont pas encore prononcés sur les charges retenues contre eux. Placés en liberté sous caution, ils ont interdiction de se contacter entre eux ou d’entrer en contact avec Joanne Young et son ex-mari.
L’enquête ayant conduit à ces inculpations a été « particulièrement complexe », a souligné lundi Geoff Smith, chef de la police du Wiltshire, dans un communiqué.

Cette affaire fait écho à celle de Gisèle Pelicot, violée pendant près d’une décennie à son domicile de Mazan (Vaucluse) par des dizaines d’hommes recrutés en ligne par son mari, qui la droguait. Devenue un symbole mondial de la lutte contre les violences sexuelles et la soumission chimique, elle avait refusé que le procès se tienne à huis clos afin que, selon ses mots, « la honte change de camp ».